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  • Intoxidation, Chaos contrôlé dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Parmi les dernières réalisations du label Mikroclimat, celles de Léa Boudreau et du duo Sarah Albu / Vergil Sharkya’ présente quelques similitudes: une sorte de zapping, de pot-pourri de sons divers qui se télescopent, parfois de manière fugace. Un bric-à-brac sonore souvent joyeux (même lorsque les sons pourraient être anxiogènes par leur nature), rehaussé dans le second cas par la voix de Sarah Albu. Un travail étonnant de Léa Boudreau, qui jusqu’à maintenant a plutôt œuvré dans la chanson rock au sein d’une formation, The Bright Road (cf. l’album Océan). Sarah Albu, elle, est vocaliste et voyage entre les polyphonies des XVe et XXe siècles (Stimmung de Stockhausen) et l’approche expérimentale et bruitiste: on note un travail avec Architek Percussion (cf R&C No. 112) et le compositeur acousmatique James O’Callaghan. Son partenaire Vergil Sharkya’, originaire d’Autriche, a travaillé avec Philip Jeck et explore plus particulièrement synthétiseurs, logiciels, effets électroniques et analogiques; on a pu le croiser au sein de l’Ensemble SuperMusique.

    Intoxidation dans Néomémoire

    «Critique», Normand Babin, Néomémoire, 25 juin 2020
    lundi 29 juin 2020 Presse

    Qu’est-ce que le rétro futurisme sinon une façon de voir le futur en tenant compte des acquis du passé? Dans Intoxidation, première composition partagée entre le compositeur Vergil Sharkya’ et la vocaliste expérimentale Sarah Albu, il y a beaucoup de datas ingérées et reprogrammées. On sent ici l’influence de la musique concrète et électroacoustique des débuts, celle des années 60. Mais on y trouve également des lignes vocales presque classiques, dans Mâchoire de sirène par exemple. Un sentiment de déjà vu, une madeleine qui nous ramène à l’époque où le futur était fabuleux et propre. Mais plus on avance dans l’écoute, plus on comprend que le travail des deux artistes va beaucoup plus loin. On y entend une relecture des classiques et un collage, comme en art visuel, de différentes matières sonores. Superposée en plusieurs couches, la palette sonore est d’une grande richesse. Le collage nous ramène à l’époque des surréalistes, et c’est justement aussi un peu de surréalisme qu’on entend dans cette musique; un surréalisme qui se retrouve même dans le titre de certaines pièces. Un surréalisme rétro futuriste? Tout à fait!

    Dans coquillage radio vs. ancient sea receiver et récepteur de la mer antique vs. radioshell, les pistes 4 et 5, les artistes jouent un peu avec nous et nos oreilles. Difficile de dire s’il s’agit exactement des mêmes bandes présentées de façon différente, en passant d’une oreille à l’autre, en donnant plus de volume à une bande qu’à l’autre, mais ce petit tour de virtuosité fait forcément sourire, nous donne l’impression, vraie ou fausse, de comprendre ce qui se passe.

    … merely a vehicle for the sauce est la pièce la plus ambitieuse de l’album. Ici Sarah Albu utilise toute la gamme de sons qu’une bouche puisse produire. La voix de Sarah Albu est remarquablement pure, elle utilise très peu de vibrato, une voix blanche qui tout à coup s’étrangle ou semble se diffracter. Ça va des arpèges chantés les plus purs et justes en passant par le miaulements, le bruits de vibration fait avec les lèvres, le chant de gorge, etc. L’entourage électronique sert surtout d’accompagnement et d’amplificateur. Voici donc ce à quoi pourrait ressembler un grand aria au XXIe siècle. Une pièce de virtuosité, un mini-drame où toute la technique et la sensibilité de la chanteuse sont mises à contribution. Une grande réussite tant au niveau compositionnel qu’au niveau de l’interprétation.

    Voici donc un album avec un programme, un début, une fin, de vastes et grands moments et des moments plus drôles, un album où la grande complicité entre les deux artistes se transcende dans ces magnifiques chants.

    Voici donc un album avec un programme, un début, une fin, de vastes et grands moments et des moments plus drôles, un album où la grande complicité entre les deux artistes se transcende dans ces magnifiques chants.

    Souvenir. dans Avant Music News

    «AMN Review», Mike Borella, Avant Music News, 17 juin 2020
    mercredi 17 juin 2020 Presse

    Joel Lavoie is a Montréal-based sound artist who’s output on Souvenir encompasses a mix of ambient, acousmatic, synth (Buchla 200), and minimalist influences. While these styles have been combined in various ways previously, Lavoie’s approach has a unique feel, making Souvenir a compelling and understated release.

    Across three long tracks, Lavoie layers oscillations, gentle walls, pulses, and environmental sounds. On Souvenirs intermittents, these evolve and grow in intensity, adding cosmic synth lines. Addendum begins with a mid-range drone before moving into a theme reminiscent of Steve Roach or the Berlin School. Marche irréfléchie is a 25-minute coda that adds a double bass player as well as some light discordance. Melodies drift across deep soundscapes with distant crashing, voices, and other effects.

    Despite their unconventional sources, there is a certain warmth and spaciousness to Lavoie’s compositions that give them a cinematic texture. With no shortage of ambient music readily available, it takes a strong release to turn heads these days. Souvenir fits the bill.

    Lavoie’s approach has a unique feel, making Souvenir a compelling and understated release.

    Feu aimant dans Néomémoire

    «Critique», Normand Babin, Néomémoire, 16 juin 2020
    mercredi 17 juin 2020 Presse

    Voilà un Feu aimant qui a tout ce qu’il faut pour aimanter le regard et l’écoute. Le groupe derrière cet incendie jubilatoire, Siamois Synthesis, y proclame l’aspect synthèse de leur musique. Car l’album forme un condensé de diverses influences de musiques expérimentales, rock, techno, folk, ambiant et autres passant d’une piste plus énergique à une autre plus planante. Éclectique dans ses références, l’album est toutefois d’une grande cohérence, les pièces découlent naturellement l’une de l’autre. On pourrait penser à du Cibo Matto des débuts un peu moins fort en sucre particulièrement à cause de la voix de Maya Kuroki, à du Arca moins sombre à cause de la parfois très sale guitare électrique de Simon Trottier et de la basse de Sylvain Gagné. Musique très cinématographique, on rêve d’un show avec vidéo, un art où excelle Maxime Perron-Corbeil qui (pour l’instant) se trouve aux claviers et à l’électronique. Ce dernier a une longueur d’avance lorsqu’on parle de feu. Vu à Toronto l’an dernier, un vidéo musical, Displacement, nous donnait à voir un feu de camp, une image hypnotisante qui est scotchée sur ma rétine depuis.

    Les cinquième et sixième pistes, TriggerWarning_drumsdrumsdrums et Urizen, s’enchaînent sans arrêt et forment le cœur de cet enregistrement: une lente mais inexorable montée dramatique d’intensité. Urizen est un personnage mythologique dans l’univers littéraire de William Blake qui représente l’incarnation conventionnelle de la raison, de la loi. Un personnage inquiétant, menaçant que la musique de Siamois Synthesis rend avec beaucoup de réalisme.

    Disponible en version téléchargeable ou en vinyle LP, Feu aimant mérite de nombreuses réécoutes. Un album avec un concept qui marche, un band de quatre musiciens aux forces égales qui de toute évidence prennent un grand plaisir à travailler ensemble, une musique à la frontière entre musique expérimentale et musique pop qui nous fait croire en un avenir coloré et diversifié de la musique. Les concepts hybrides sont souvent vecteurs de changements, catalyseurs de nouveaux mouvements, Siamois Synthesis a tout pour connaître un succès planétaire et on attend avec impatience un deuxième album et surtout, le spectacle qui viendra avec.

    … une musique à la frontière entre musique expérimentale et musique pop qui nous fait croire en un avenir coloré et diversifié de la musique. Les concepts hybrides sont souvent vecteurs de changements, catalyseurs de nouveaux mouvements, Siamois Synthesis a tout pour connaître un succès planétaire…

    Firmament dans Le Devoir

    «Critique», Philippe Renaud, Le Devoir, 12 juin 2020
    lundi 15 juin 2020 Presse

    Les compositrices et artistes multidisciplinaires Émilie Payeur, Charlotte Clermont et Gabrielle Godbout forment ce qu’il convient d’appeler un «super-groupe» de musique expérimentale dont le nom, Moshi Moshi, évoque l’inspiration de la culture pop japonaise (kawaii) intrinsèque au projet. Leur expérimentation brute et ludique s’érige avec un mélange d’instruments électroniques et électriques, mais c’est surtout la présence de la voix humaine qui nous guide sur l’album, voix chantée comme sur les pétillantes et délicates Chill Golden Lover et TTYS au cœur de l’album, voix échantillonnées et trafiquées un peu partout ailleurs, autant de matériaux qui donnent des contours à l’imaginaire des musiciennes. Même dans les passages les plus bruyants (souvent les plus fascinants, comme We, Dark Party et We Bloom We Shine en conclusion), Moshi Moshi incorpore quelques motifs rythmiques linéaires et quelques fragments mélodiques qui font de Firmament un album qui s’apprivoise sans mal.

    ★★★ 1/2

    … un «super-groupe» de musique expérimentale…
    ★★★½

    Ana Sokolović: Short Stories dans Jazz Word

    «Review», Ken Waxman, Jazz Word, 6 juin 2020
    lundi 15 juin 2020 Presse

    Means to personify some of the archetypal Commedia dell’arte characters, QB’s interpretation of the suite ranges from the full-fledged corybantic string rubbing on Capitano, the first “story”, to the harmonized and lyrical outpouring which defines Colombina, the subsequent track. From that point on every variety of conventional and extended technique is put to exceptional use. High-pitched jitters squeeze out skittish variations at points, while compelling surges from the lower-pitched strings sometimes reference a sense of high-powered modern swing. Through QB members perform the equivalent of tightrope walking, swaying and stretching timbres, but with enough safety net-like fusion so that there’s no chance of them failing. When personifying Isabella for instance, sawing reflections of one low tone face a pointed counter melody that eventually combines to express multiple tinctures on the color scale. Meantime the lively Zanni is probably the most Balkan of the tracks with its reed-like suggestions. The piece combines rhythmic cello plucks and dynamic violin squeaks to create a slipping and sliding terpsichorean feel. Overall, while cellist Bozzini sometimes fulfills the double bass function with string slaps, angled off-centre and off-key variables from all QB members mean that bouncing col legno emphasis frequently cements the performances. While spiccato string acceleration may dominate the final Ruzzante the dissonant pitches fade into tremolo overlapping signaling the end of the piece and the suite finale. Bagatelles which depend mostly on speed and col legno thumps, only an earlier composition, the multi-part Blanc dominant seems sufficiently fleshed out. Expressive with thinner squeals, the chamber music continuum is challenged throughout with a sneaky sectional counter motif.

    … every variety of conventional and extended technique is put to exceptional use.
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