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  • En concert dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Lancements», Gabriel Bélanger, SOCAN — Paroles & Musique, no 15:3, 15 septembre 2008
    lundi 15 septembre 2008 Presse

    Installé à Montréal depuis 2004, le saxophoniste argentin Damian Nisenson nous présente son plus récent album, enregistré en concert en décembre 2007. Doté d’une expérience et d’une versatilité hors du commun, il met à profit sa grande créativité afin d’être toujours à l’avant-garde de la musique contemporaine. Il réussit encore une fois à surprendre avec ses savants dosages et sa direction impeccable. Le plaisir incroyable du premier abord ne se dément pas mais demeure plutôt comme un incitatif à une écoute plus approfondie.

    Il réussit encore une fois à surprendre avec ses savants dosages et sa direction impeccable.

    Tim Brady dans Voir

    «Courir!», Réjean Beaucage, Voir, 11 septembre 2008
    jeudi 11 septembre 2008 Presse

    Le compositeur Tim Brady est en résidence à l’Orchestre symphonique de Laval, qui nous présente sa plus récente œuvre entre deux symphonies de Beethoven. Pas mal!

    Lundi dernier, il était à la Sala Rossa pour improviser avec, entre autres, le contrebassiste Barry Guy et la clarinettiste Lori Freedman; mercredi, il transportait ses guitares électriques à la salle Claude-Champagne pour participer au concert d’ouverture de la saison du Nouvel Ensemble Moderne en jouant dans une œuvre du très actuel compositeur allemand Heiner Goebbels; voici maintenant l’Orchestre symphonique de Laval qui nous présente sa musique orchestrale, et le directeur musical de l’OSL, Alain Trudel, la programme entre deux symphonies de Beethoven! On savait Tim Brady éclectique, mais là, il frappe fort! Et ce n’est pas tout: la pièce qui sera créée, Running, est inspirée de Runnin’ Back To Saskatoon, des Guess Who«Ce n’est pas l’une de leurs meilleures tounes, explique Brady, mais on m’a demandé d’en faire un arrangement pour le CBC Radio Orchestra, à Vancouver, dont le chef est aussi Alain Trudel, et ça a très bien marché. En fait, j’ai presque fait une réécriture de la pièce, un truc qui dure 11 minutes, dans lequel près de la moitié avait très peu à voir avec la pièce originale. J’en étais assez content et j’ai suggéré à Alain de développer certaines de ces sections pour en faire une nouvelle œuvre, qui est devenue Running.»

    Le titre de l’œuvre rappelle évidemment l’originale, et les aficionados des Guess Who (?) en verront peut-être passer l’ombre, mais il signale aussi un scherzo d’enfer. «Ça n’arrête jamais!» prévient le compositeur, «enfin, il y a bien une ou deux mesures de relâche, mais pas plus.» Présentée après la Cinquième de Beethoven et avant la Sixième, surnommée Pastorale, du même compositeur, l’œuvre risque d’avoir un certain effet! S’il est compositeur en résidence à l’OSL, c’est pourtant la seule œuvre de Tim Brady que nous entendrons l’orchestre jouer cette saison; «oh! mais je vais aussi beaucoup travailler dans les écoles de Laval, auprès des étudiants en concentration musique, particulièrement, où l’on présentera des ateliers de composition, un peu pour montrer ce que c’est qu’un compositeur. Je vais aussi travailler aux arrangements pour le concert symphonique de Dan Bigras que l’OSL présentera en janvier.» Brady travaille aussi avec Alain Trudel et le directeur général, Alain Demers, à l’élaboration d’un événement autour de la création, avec concert (incluant une grande œuvre de Brady), des conférences, etc. À suivre!

    Tim Brady est aussi président du Réseau canadien des musiques nouvelles, un organisme de réseautage qui vise à stimuler la communication entre les divers intervenants de la communauté des compositeurs et interprètes des musiques d’aujourd’hui. L’organisme prépare un colloque qui se tiendra à Montréal, en février 2009, durant le festival MNM. À propos des récentes actions de notre bon gouvernement conservateur dans le domaine des arts, Brady commente: «Ça manque tellement de vision… C’est triste de voir des gens qui comprennent tellement mal ce qui se passe dans le monde.» Il commente beaucoup plus que ça, en fait, et assez pour nous donner envie de courir vers l’isoloir le plus proche!

    On savait Tim Brady éclectique, mais là, il frappe fort!

    Jean Derome dans 24 images

    «Le cinéma interprété», Stéphane Lépine, 24 images, no 138, 1 septembre 2008
    lundi 1 septembre 2008 Presse

    Les œuvres théâtrales existent sur le papier. Elles sont publiées, peuvent être lues et relues. Mais elles n’acquièrent leur véritable sens qu’à la scène, incarnées dans le temps et dans l’espace par des comédiens de chair et de sang. Et, on le sait, une pièce peut prendre un sens fort différent selon le metteur en scène qui lui donne vie scénique. De même, les partitions de toutes les œuvres que nous ont léguées les compositeurs existent bel et bien, mais ne sont que du papier mort jusqu’à ce que des musiciens en prennent possession: ainsi redécouvre-t-on Le clavier bien tempéré grâce à Till Fellner et en vient-on à croire possible l’interprétation des suites de Rameau au piano grâce à Alexandre Tharaud. Mais s’il en était de même au cinéma?? Si The General de Buster Keaton, L’homme à la caméra de Dziga Vertov et Entr’acte de René Clair devenaient en partie autre chose, se transformaient grâce à la musique, tels ces petits morceaux de papier jusque-là indistincts plongés dans l’eau qu’évoque Proust dans La recherche?? «Un livre, écrit Michel Tournier, est un oiseau sec, exsangue, avide de chaleur humaine, et, lorsqu’il s’envole, c’est à la recherche d’un lecteur, être de chair et de sang, sur lequel il pourra se poser afin de se gonfler de sa vie et de ses rêves.» Nous tous, cinéphiles, le savons: nous lisons et rêvons les films que nous voyons. Dix séances de cinéma muet en musique présentées par Robert Daudelin cet été à la Cinémathèque québécoise permettaient de voir à l’œuvre Jean Derome, François Bourassa et leurs invités en conversation avec des chefs-d’œuvre des années 1920: des musiciens, certes, mais aussi des lecteurs de films, faisant entendre leur lecture, leur recherche du sens à chaque seconde du défilement des images, faisant également voir des films s’échapper pour ainsi dire de leurs prisons pelliculaires, transformer leur achèvement qu’on aurait pu croire jusqu’alors intouchable en art vivant, appelé à être sans cesse recréé. Une dame, à la sortie de la deuxième séance, qui réunissait des films sous le titre «Avant-garde des années 1920», se dirigeait, émue, vers Jean Derome en lui disant: «Je n’avais jamais aimé, je n’avais jamais compris Le pont de Joris Ivens avant d’entendre ce que vous en avez fait.» Indiscret, j’écoutais ses propos, troublants et éclairants: cette dame n’a pas dit «avant d’entendre votre accompagnement musical», mais bien «avant d’entendre ce que vous en avez fait». Comme Gould s’appropriant la musique de Bach, Derome avait bel et bien fait quelque chose avec le célèbre court métrage de Joris Ivens. De même que les premières images de Mort à Venise de Visconti auraient un autre impact et un autre sens avec une autre musique que l’adagietto de la Cinquième Symphonie de Mahler, le film d’Ivens acquérait, aux yeux et aux oreilles de cette spectatrice, un sens qu’il n’avait jamais eu, cela grâce au lecteur Jean Derome, à ses saxophones, ses flûtes et ses objets. Les partitions d’Ennio Morricone ou de Bernard Hermann sont à tout jamais liées aux images des films, nombreux, qu’ils ont pour ainsi dire cosignés. Dans ce cas, Derome, Bourassa, Joane Hétu (véritable réincarnation de Cathy Berberian!), Robert Marcel Lepage et tous les autres ont interprété Walter Ruttmann et Rupert Julian, Boris Barnet et Josef von Sternberg, René Clair et Germaine Dulac de la même manière que Matthias Goerne interprète Schubert et Toros Can les Études de Ligeti. Le sens des images n’est pas fermé: voilà une évidence crasse dont j’ai repris conscience au fil de ces projections. Lues ainsi, dans la fièvre de l’instant (les musiciens n’avaient revu qu’une seule fois le film avant de se livrer à leur improvisation), les œuvres bénéficiaient d’une véritable lecture, c’est-à-dire, comme le suggère Baudrillard dans Le crime parfait, d’une lecture qui tienne «compte de l’écriture, de la force poétique, ironique, allusive du langage, du jeu avec le sens». L’homme-orchestre et musicien tout-terrain qu’est Jean Derome a toujours démontré des affinités électives avec tous les autres arts. Lui et François Bourassa, grand pianiste de jazz, en véritables passe-muraille qu’ils sont tous deux, sournoisement attentifs à la présence répétée de références sonores (trains en mouvement, coups de feu, etc.) et musicales (représentations de Faust dans The Phantom of the Opera et La souriante Madame Beudet, allusions à Debussy chez Clair et Dulac, personnages au piano dans plusieurs films), mais jamais soumis à elles, n’ont pas résolu le sens, ne l’ont pas fermé ou réduit, mais ont proposé le leur et démontré que chaque visionnement d’un film, que chaque lecture musicale en direct possède une rythmique, une durée, un son qui lui est propre. Devant les mêmes œuvres, d’autres musiciens auraient proposé d’autres lectures et démontré que les interprétations de ces immortels chefs-d’œuvre et de ces œuvres ouvertes sont aussi nombreuses que le nombre de leurs lecteurs.

    L’homme-orchestre et musicien tout-terrain qu’est Jean Derome a toujours démontré des affinités électives avec tous les autres arts.

    Michel F Côté, Jean Derome, Martin Tétreault dans Signal to Noise

    «Live Reviews: Festival international de musique actuelle de Victoriaville», Mike Chamberlain, Signal to Noise, no 51, 1 septembre 2008
    lundi 1 septembre 2008 Presse

    While the 2008 edition marked the 25th anniversary of the Festival international de musique actuelle de Victoriaville, and while the festival grid looked, in some respects, like a tribute to certain mainstays of the festival that’s not quite the way that Victo’s director, Michel Levasseur, set out to put the milestone program together. The 25th anniversary nonetheless has a resonance for many people, Levasseur found. “You can’t hide the reality of this history,” he said in an interview before the festival. “Some people have 25 years of marriage. Some people think of where they were 25 years ago. Some of our audience weren’t even born then. […]”

    And there was, in fact, a certain symmetry to the lineup, with Jean Derome et les Dangereux Zhoms + 7 and John Zorn’s project The Dreamers opening the festival at 8 and 10 pm respectively. Both Derome and an expanded lineup of Les Dangereux Zhoms and Zorn’s Dreamers delivered performances that demonstrated that their leaders were still making interesting, relevant music. Les Dangereux Zhoms did two pieces. The first, Traquen’Art, was first performed late last year in homage to the Montréal production company of the same name, while the second, Plateforme, was a premiere, written in tribute Levasseur’s creation and life work. With the lineup expanded to include the voice of Joane Hétu, the reeds of Lori Freedman, and the turntable of Martin Tétreault, among others, the two compositions encompassed a wide palette that drew together almost everything Derome has done over the past thirty years. Ranging from delicate interplay between voice, violin and viola to full-on collective improvisation with screeching guitar and muted trombone pyrotechnics, the music exploded generic considerations in the best Victo tradition. […]

    A lot of festival-goers skip the midnight shows, but this year’s edition featured two of the best I have seen in a decade of attending the festival, the Friendly Rich Show on Thursday and Michel F Côté’s post-rock soul sextet (juste) Claudette on Sunday. […] While the collective intrigue of the three Thursday concerts were hard to match, there was much to savor over the weekend. Among these […] the premiere performance by the trio of René Lussier, Martin Tétreault and Otomo Yoshihide, whose nakedly human endeavors to improvise as a trio had to overcome their long histories of playing with one another in duos, the results demonstrating both the promise and the pitfalls of improvised music.

    Gordon M Allen, Michel F Côté, Jean Derome, Malcolm Goldstein, Joane Hétu, Frank Martel, Christof Migone, Quatuor Bozzini dans Signal to Noise

    «Live Reviews: Suoni per il Popolo», Lawrence Joseph, Signal to Noise, no 51, 1 septembre 2008
    lundi 1 septembre 2008 Presse

    The eighth annual Suoni per il Popolo spanned a month and covered a huge range of musical genres. Over 50 concerts took place in two venues located across the street from each other in Montréal’s artist-filled Mile End neighborhood. It gave fans of free jazz, experimental rock, avant folk, contemporary classical, electronic, and improvised musics plenty to get excited about. Add a workshop with the Sun Ra Arkestra, street performance art, DJ sets and an outdoor day of music and children’s activities, and you have an unbeatably eclectic event. […]

    The festival kicked off with two shows that exemplified what it does best. The more intimate Casa del Popolo was the venue for a free jazz blowout with saxophonist Glen Hall, bassist Dominic Duval, and drummer William Hooker, […] Hall keeps a relatively low profile, despite having studied with Ligeti and Kagel and played with the likes of Roswell Rudd, Jimmy Giuffre and John Scofield. The compositions in the first set paid tribute to some of his influences, while the second set shifted to freely improvised territory, with Montréal’s young trumpet luminary Gordon Allen sitting in to add blistering sound blasts and overblowing to the mix. At times this resembled the more noise-based music Hooker has made with Thurston Moore. […]

    Allen was a fixture at the festival, playing in seven shows during the month, including guitarist Rainer Wiens’ version of Riley’s In C.

    Another evening featured the debut of All Up In There, a trio of Allen, Michel F Côté on percussion, and Frank Martel on Theremin. Martel often played the theremin as if it were a stand-up bass, while Côté, when not playing kit, obtained a surprising variety of sounds from winging two mics around Pignose amps. The overall effect was more like a group of virtuosic Martians than a standard jazz trio. […]

    Christof Migone’s performance piece Hit Parade took place outside on a busy Saint-Laurent Boulevard, taking over the sidewalk and one lane of traffic. Eleven people lay face down on the pavement, each pounding a microphone into the ground exactly one thousand times, at varying speeds. The sound of a giant asynchronous metronome prompted ironic thoughts in this listener about the usual meaning of the phrase “hit music,” and about pounding the pavement as a metaphor for life. […]

    The Quatuor Bozzini, a string quartet dedicated to contemporary music, performed a selection of pieces by experienced improviser/composers. Malcolm Goldstein’s four-part structured improvisation A New Song of Many Faces for in These Times (2002) was by turns gentle and harsh, agitated and introspective, as melodic and rhythmic fragments were passed from one member of the quartet to another. Goldstein himself performed Hardscrabble Songs, a 13-minute solo piece for voice and violin. Jean Derome and Joane Hétu’s Le mensonge et l’identité (“Lies and Identity”) is an hour-long tour de force with a strong socio-political component. The Bozzinis’ spoken contributions (both live and on prerecorded tape) ranged from pithy quotes from philosophers and politicians to personal anecdotes. The music deliberately unraveled into chaos, the players moving music stands and chairs about the room in response to unsynchronized metronomes, tipping over stands as the scores on them were completed. […]

    I’m a Navvy, Little Man on the Boat, Plumb, Piano Music dans Revue & Corrigée

    «Critiques de disques», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 77, 1 septembre 2008
    lundi 1 septembre 2008 Presse

    Est-ce circonstantiel ou serait-ce une orientation plus générale? Toujours est-il que les nouveaux labels canadiens semblent relativement ouverts et non dévolus à quelques formes musicales très précises, à la manière de nombreux petits producteurs européens.

    Barnyard Records, à travers ces quatre enregistrements, s’inscrit un peu dans la lignée d’Ambiances Magnétiques par un éclectisme évident, non sans humour d’ailleurs, côtoyant aussi bien le rock (avec une approche évidemment déstructurée), le jazz et l’improvisation. Basé à Toronto, il est une émanation du batteur Jean Martin, qui émarge dans les trois premières références citées.

    Barnyard Drama a tout du happening rock, dans lequel l’improvisation suit une ligne directrice assez concise, véhiculée par les entrelacs des deux guitares aux sons incandescents, elles-mêmes propulsées par la batterie de Jean Martin. L’un des deux guitaristes n’est autre que Bernard Falaise, souvent présent sur les enregistrements québécois. L’auditeur pense parfois aux délires d’Amon Düül (celui de Paradieswärstdüül ou de Collapsing) avec plus de rigueur, d’autant plus que la voix de Christine Duncan adopte aussi (en particulier sur Invisible) les intonations de Renate Knaup (référence cette fois-ci à Amon Düül II).

    Si le duo de Jean Martin avec le saxophoniste Evan Shaw relève plutôt d’un jazz assez cool (c’est sans doute le sens du titre Piano Music sur un enregistrement dépourvu de notes issues d’un clavier) malgré un jeu de percussion assez atypique, celui que présente le batteur (ici usant d’autres instruments) avec Colin Fisher (saxophoniste lui aussi multi instrumentiste) s’inscrit davantage dans l’univers des musiques de traverses (pour reprendre un vocable des années 80) avec une variété d’approches, passant du bruitisme atmosphérique (et mélodieux) à une sorte de jazz rock électrifié, ou à des séquences hautement improvisées.

    C’est à des improvisations plus nettement dissonantes et sans assise rythmique, que l’on pourrait presque qualifier d’intégristes, que s’attaquent la clarinettiste montréalaise Lori Freedman et le tromboniste de Toronto, Scott Thomson, mêlant, sauf dans l’une ou l’autre pièce en soliste, les effets peu conventionnels tirés de leurs instruments respectifs, en jouant aussi bien de leur timbre spécifique que des sonorités annexes qu’ils suscitent. Parfois sèches et âpres, celles-ci peuvent aussi ^tre empreintes d’humour, voire de tendresse.

    Les nouveaux labels canadiens semblent relativement ouverts et non dévolus à quelques formes musicales très précises, à la manière de nombreux petits producteurs européens.
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