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  • Normand Guilbeault dans Hour

    «Incredible 10. The musician-organized OFF Festival de Jazz celebrates a decade of success without excess», Mike Chamberlain, Hour, 11 juin 2009
    jeudi 11 juin 2009 Presse

    “When we started the OFF Festival in 2000,” bassist Normand Guilbeault says, “we ran concurrently with the Montréal Jazz Festival. It was a statement that we local musicians are here, and this is what we do. But now, we don’t need to do that. The festival has found its place. Each year, many more musicians apply to play in the festival than can be accepted.” Indeed, the OFF has found its place. This year’s edition of the OFF is, incredibly, its 10th, its longevity a testament to the dedication of the musicians who organize the festival. They do it because they feel, rightly so, that it is vital to showcase both emerging and established local (and sometimes not-so-local) jazz musicians in contexts that are more amenable to an intimate music like jazz than a stage beside Ste-Catherine St. The focus is on the music, not on the amount of beer and hot dogs sold to tourists (not that they’re against selling beer and hot dogs to tourists, mind you). The OFF will run from June 18 to 27, presenting more than 30 performances, beginning with a piece for 50 musicians composed by Pierre Labbé in honour of the founders of the festival. It is a special event to be presented at Hangar 16 of the Quais du Vieux Port at 8:30 p.m. on June 18.

    The next 10 days will see performances at the Cheval Blanc, Lion d’Or, Chapelle Historique du Bon- Pasteur and Dièse Onze by artists including Miriodor, the John Roney Trio, Marianne Trudel, Pierre St-Jak and Frank Lozano. The festival will close with a special two-set performance by Guilbeault’s large ensemble doing rarely performed works by Charles Mingus such as Black Saint and the Sinner Lady at the Lion d’Or on June 27.

    This seems fitting, given the mercurial Mingus’s predilection for lecturing audiences who weren’t paying sufficient attention to the music. These musicians are making music that deserves attention, and they’ll do their best to make sure that you can experience it under the best possible conditions.

    This year’s edition of the OFF is, incredibly, its 10th, its longevity a testament to the dedication of the musicians who organize the festival.

    Arbor Vitæ dans Octopus

    «Le CD de la semaine», Jean-Claude Gevrey, Octopus, 10 juin 2009
    mercredi 10 juin 2009 Presse

    Immense compositeur de la seconde moitié du vingtième siècle, James Tenney fut l’un des derniers géants de la musique contemporaine. Disparu en 2006, son œuvre demeure incompréhensiblement sous-documentée sur le plan discographique. Le bien avisé Quatuor Bozzini entend bien changer la donne en nous livrant rien moins que l’intégrale des pièces pour quatuor à cordes et quintet, la plupart inédites en CD. Que l’on parle ici des compositions rassemblées ou du groupe chargé de leur interprétation, une chose est sûre: l’ensemble est prodigieux!

    C’est un événement que la parution de ce double CD dans la Collection QB, dont les initiales (Quatuor Bozzini) nous rappellent que la formation montréalaise est aux commandes de la direction artistique. Possédant une affinité évidente pour l’œuvre de Tenney, Nadia Francavilla, Clemens Merkel (violons), Stéphanie Bozzini (alto) et Isabelle Bozzini (violoncelle) font preuve ici d’une précision et d’une limpidité qui requièrent, à l’évidence, la maîtrise absolue de leurs instruments mais, surtout, l’appropriation de la pensée intime du compositeur. Manifestation de cette alchimie: la pièce qui ouvre le recueil et lui donne son titre, Arbor Vitae (2006), commande du quatuor et œuvre ultime de Tenney qui n’a vu le jour que de manière posthume. Une apogée sereine où de longues et perçantes intonations forment une trame harmonique qui se déploie tel un rhizome laissant entrevoir, à chacun de ses embranchements, un microcosme sonore. A l’autre extrémité du spectre, le String Quartet in One Movement (1955) est d’avantage sous l’influence de Webern ou de Bartók et offre rétrospectivement un très beau portrait de l’artiste en jeune homme. Le sombre et bourdonnant Saxony se construit lentement par le flux et le reflux de vagues microtonales dont l’accumulation décalée forme une structure hypnotique. Un principe similaire est utilisé pour Koan for String Quartet qui réconcilie tout autant sérialisme et minimalisme en sillonnant les discrètes variations d’un mouvement perpétuel. Le second CD voit le quatuor augmenté par l’addition d’un percussionniste (Rick Sacks) sur Cognate Canons, d’une pianiste (Eve Egoyan) sur Diaphonic Studies ou d’une contrebassiste (Miriam Shalinsky) sur Quintext I-V: Five Textures. Les préoccupations restent les mêmes: exploration obsessionnelle des dissonances, réévaluation permanente des systèmes de composition et fascination infinie pour la prégnance du timbre. La dernière pièce, une suite de cinq études, fait écho à autant d’inspirateurs: Ruggles, Varèse, Partch, Xenakis et Feldman, reliant ces créateurs de génie par une ligne plus droite qu’il n’y parait et y en inscrivant son créateur par la même occasion. Plus bel hommage à James Tenney n’avait peut être jamais été rendu.

    Que l’on parle ici des compositions rassemblées ou du groupe chargé de leur interprétation, une chose est sûre: l’ensemble est prodigieux!

    Ice Machine dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 5 juin 2009
    vendredi 5 juin 2009 Presse

    Enfin, le projet collaboratif entre D Kimm et Alexis O’Hara se concrétise sur disque. J’ai vu ce duo au FIMAV en… 2007? 2006? Ce sont deux poétesses/artistes sonores à l’arc muni de multiples cordes. O’Hara tend vers la dérision et le sarcasme psycho-sexuel sur fond bruitiste; Kimm est plus en demi-teintes, alliant humour et tendresse, profondeur et pulsion. Ensemble, elles concoctent un joli raffût! Textes intrigants, textures sonores froides (après tout, cela s’appelle Ice Machine) et parfois trash. Très réussi.

    Très réussi.

    Somewhere the Sea and Salt dans CBC Radio

    «Non-Invasive Piano», Li Robbins, CBC Radio, 4 juin 2009
    jeudi 4 juin 2009 Presse

    Charity Chan calls her piano style ‘non-invasive.’ In other words — no prepared piano. But the piano still sounds like a whole different beast when it’s played by Chan. This evening The Signal features music from her latest recording, Somewhere the Sea and Salt. Chan thinks the music on this recording is a kind of “aural map” of the techniques she uses to coax unexpected sounds from the piano. Here’s how she sees (or hears) it: “I was often fascinated by the minute details of and subtle characteristics of these unconventional sounds. So often, the magic of what enthralls a performer is hidden or inaccessible to the audience. This recording is a way of allowing those sounds to be heard.” If you haven’t heard of Charity Chan as a soloist but follow new music, you may be more familiar with a previous project she was involved in with the group Fenaison. How’s about this for a celebrity endorsement — from Fred Frith: “Listening to Fenaison reminds me why I enjoy improvisation. They make music that is passionate, mysterious, and full of contradictions….in other words, it’s alive! And well…”

    Ice Machine dans Pinkushion

    «En marge», Fabrice Fuentes, Pinkushion, 4 juin 2009
    jeudi 4 juin 2009 Presse

    «Nous transcendons le Palpable et l’Impalpable, d’où notre nom: Mankind», annonce dans son Manifeste le duo féminin D Kimm et Alexis O’Hara. Enregistré dans ce haut lieu montréalais du post-rock qu’est l’Hotel 2 Tango, Ice Machine convoque le fantôme halluciné de William Burroughs, les greffes machinocorporelles de David Cronenberg, l’enfance trouble de Victor Erice, la fuite du temps de Béla Tarr et la poésie narrative de DM Thomas. Autant d’écrivains et cinéastes qui sont l’objet d’un hommage singulier sur Repressed Love, montage hétéroclite de bruitages électroniques et de voix épars, de bribes de dialogues filmiques et de récitations littéraires échappés d’un dictaphone, le tout sur fond de rythme myocardique, comme si le morceau offrait une déambulation poétique dans les méandres d’un cerveau littéralement dérangé. L’espace imaginaire du duo muli-instrumentiste déploie ainsi ses impulsions noisy et effusions ambient, souffle et rythmes vitaux mêlés à l’instar de l’ouverture Mile End Throat Singers, un morceau qui repose sur des «laborieux chants de gorge» et des «summer dog vocals» progressivement distordus par des loops et des effets de pad, jusqu’à laisser poindre une angoisse diffuse, coupée court par des rires espiègles. Que ce duo de Canadiennes revendique son manque de savoirs, préférant de loin faire et défaire une musique spontanée et inconfortable, souvent conçue à l’instinct, mais pensée après-coup, voilà qui nous comble quand trop de disques affichent une prétention et une maîtrise qui n’ont d’égal que l’ennui dans lequel ils nous plongent. Un raccourci, forcément réducteur, assimilerait Mankind à un CocoRosie trash: le bricolage élevé au rang d’art participe en effet d’un enchantement ou d’une trivialité qui génèrent des visons musicales proprement distordues et originales où une fausse insouciance enfantine côtoie constamment des marges plus interlopes de la conscience. Chez Mankind se produit une étrange intrication du cul et du cerveau, du beau et du laid, du léger et du profond. En somme, de la vie palpable et de l’impalpable mort.

    … le bricolage élevé au rang d’art participe en effet d’un enchantement ou d’une trivialité qui génèrent des visons musicales proprement distordues et originales…

    Somewhere the Sea and Salt dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 4 juin 2009
    jeudi 4 juin 2009 Presse

    Ambiances Magnétiques qui développe une “connexion Guelph”? Toujours est-il que la pianiste Charity Chan fait son entrée au catalogue AM, avec ce disque de “piano revisité” solo, soit un piano aux préparations spontanées et éphémères. La comparaison avec le disque solo de Sophie Agnel commenté la semaine dernière est inévitable… et légèrement défavorable pour Chan, qui n’arrive pas à tisser autant de mystère et de charme hypnotique autour de son jeu. Tout de même un disque intéressant, joli catalogue de techniques étendues formant un vocabulaire hautement personnel… mais sonnant un peu trop comme un catalogue, justement.

    … un disque intéressant, joli catalogue de techniques étendues formant un vocabulaire hautement personnel…
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