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  • Migration, Live au Upstairs dans Le Devoir

    «Jazz — La victoire de Malasartes», Serge Truffaut, Le Devoir, 7 novembre 2009
    samedi 7 novembre 2009 Presse

    Allons-y avec une lapalissade. Il existe à Montréal un noyau de musiciens étonnants et singuliers parce qu’il regroupe des éclaireurs. Des bonshommes qui nous font voyager sans que nous ayons à nous déplacer avec armes et bagages. Précisons que cette évocation au voyage est à prendre au sens physique, géographique. Horizontal et non vertical.

    Si l’on a bien compris, le cœur de ce noyau est en fait un duo. Côté cour, il y a Damian Nisenson. Côté jardin, il y a Jean Félix Mailloux. D’origine argentine, le premier joue du saxophone ténor, de l’alto, et compose heureusement beaucoup. Le second? Il est contrebassiste et compose heureusement à point. Par là, le «à point», on veut dire… comment dire? Prenons le foie de veau, la tranche évidemment épaisse. Eh bien, elle doit être cuite à point. Ni trop cuite ni trop saignante. Ce détour culinaire accompli, on aura compris que les compositions de Mailloux étant toutes à point, elles sont à mille lieues des effets de l’esbroufe et du racolage. On le répète, elles sont «à point».

    À ces deux gardiens du désert des Tartares se joignent fréquemment Marie-Neige Lavigne au violon et Julie-Odile Gauthier-Morin au violoncelle. Sur l’instrument qui fit la fortune, au sens notoriété et non économique du terme, de Paganini, mademoiselle ou madame Lavigne défend avec ardeur les couleurs de l’audace et de la subtilité. Au violoncelle, mademoiselle ou madame — on tient à l’observation de la politesse élémentaire — Gauthier-Morin affiche un talent aussi pesant, dans le sens profond du terme et non rébarbatif, que l’inventaire de son identité: deux prénoms et deux noms propres. En espérant que cela ne choquera ni maman ni papa Gauthier-Morin. Si c’est le cas, on présente nos excuses les plus sincères. Dans le sens évidemment très vieille France.

    Des alchimistes

    Au gré de leurs aventures, ces explorateurs s’associent des maîtres trappeurs. On pense au percussionniste Ziya Tabassian, grand initié aux rythmes perses et amateur des musiques de la Renaissance, au guitariste Bernard Falaise, architecte de nappes sonores très denses, et à un de nos héros: le batteur Pierre Tanguay. De ce dernier, on croit que l’expression «s’il n’était pas là, il faudrait l’inventer» lui va comme un gant. De velours et non de boxe. Parfois, d’autres se joignent à eux.

    Depuis peu, ces dames et ces messieurs, ou vice et versa, proposent deux albums parus sur étiquette Malasartes que distribue la famille Dame-Ambiances magnétiques. L’un s’intitule NozenLive au Upstairs. C’est Nisenson avec Tanguay, Falaise et Mailloux. L’autre a été baptisé Migration. Il s’agit du groupe Cordâme, dont Mailloux est le principal animateur parce que seul compositeur. Il est flanqué des deux dames ou demoiselles, de Tabassian et Tanguay ainsi que de Rémi Giguère aux guitares. De Giguère dont le jeu fait écho à celui de Marc Ribot.

    Et maintenant, le meilleur de l’histoire du jour qui est une des meilleures de l’année. Ce que ces artistes montréalais, et non strictement musiciens, nous proposent, vous offrent, est absolument extraordinaire. Ce qualificatif ayant été tellement galvaudé, on tient à lui greffer certains synonymes. Ces deux productions sont fantastiques sans être démentes, sublimes sans être ineffables. Parce que tous sont des alchimistes: une louche de jazz, une autre des musiques classiques orientales, une ou trois pincées de Bartók, une ou deux de Ravel, une de Brahms, le Brahms des quartettes et quintettes, etc. Après quoi, ils et elles touillent. Bref, l’étiquette Malasartes s’affiche comme le pendant exact de Tazdik, l’étiquette de Zorn. C’est tout dire et beaucoup dire.

    Ce que ces artistes montréalais, et non strictement musiciens, nous proposent, vous offrent, est absolument extraordinaire.

    Interview dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 6 novembre 2009
    vendredi 6 novembre 2009 Presse

    Un joli disque de musique contemporaine pour trompette solo. La Montréalaise Amy Horvey propose un programme varié, allant de la placidité inébranlable de Giacinto Scelsi à la vivacité de Cecilia Arditto. Aussi au programme, une pièce d’Anna Höstman et une signée Ryan Purchase inspirée de l’œuvre de Daniil Charms (toujours agréable!). En clôture, une improvisation avec boîtes à musique et électroniques (avec Jeff Morton). L’accent n’est pas sur la virtuosité mais l’ambiance et la texture. Quoique d’approche différente, Interview me fait penser au premier disque solo d’Arve Henriksen

    Un joli disque de musique contemporaine pour trompette solo.

    Plates-formes et Traquenards dans The Squid’s Ear

    «Heard In», Kurt Gottschalk, The Squid’s Ear, 4 novembre 2009
    mercredi 4 novembre 2009 Presse

    Within the eclectic arena of Montréal’s Ambiances Magnétiques collective, Jean Derome is one of the strongest and most consistent voices. He is also one of the biggest jazz devotees in the group, making him — within the context of his adventurous cohorts — something of a traditionalist. He has a long-standing Monk tribute group. He plays saxophone, for the love of Pete. And, unlike the neo traditionalists, he reliably contributes to the tradition. Along with Évidence, his Monk project, Les Dangereux Zhoms is one of his longest-standing groups. The quintet been on hiatus for a while, but returned to the 2008 Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville more than doubled in size and with two of Derome’s most ambitious works to date; The pair of long suites made full use of his unusual jazz band plus viola, electric guitar and turntable, a big 12-tet that embarked on the Canadian festival circuit in the summer of 2009. And where Derome has an avowed love for Monk’s music, here he came off as a modern day Mingus. The big band is employed to sweeping, cinematic effect, with changes in mood and dynamic underlined by strong themes and, crucially, the rock solid foundation of Pierre Cartier on electric bass and Pierre Tanguay on drums. The tight adherence to structure allows Derome’s band, over the stretch of two 30-minute journeys, to go out while remaining in. Early in Plates-formes, an overtly lovely Guillaume Dostaler piano solo is interrupted by electrical buzzes and static. It’s not quite funny, but in that peculiar Ambiances Magnetiques way, it’s charming. And more importantly, within the structure Derome has built, it makes sense (or, at least, is made to make sense as the piece progresses). Likewise, a blistering electric guitar solo by Bernard Falaise or the outré vocalizations of Joane Hétu are force-fitted — without smugness or irony — into what remains a pair of works of jazz classicism. Victo’s reliably warm and present recording ensures that the breadth of the work is never lost. The performances captured on Plates-formes et Traquenards are dedicated to Productions Plateforme (FIMAV’s parent organization) and the Montréal production company Tranquen’Art, both of which celebrated their 25th anniversaries in 2008, as did Ambiances Magnetiques. Clearly something was in the Québécois air in 1993. Derome has issued a fantastic, and fitting, response.

    Within the eclectic arena of Montréal’s Ambiances Magnétiques collective, Jean Derome is one of the strongest and most consistent voices.

    Live au Upstairs dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 3 novembre 2009
    mardi 3 novembre 2009 Presse

    No Zen est le nouveau groupe du saxophoniste montréalais Damian Nisenson. J’avais bien aimé son dernier disque en trio. Voici un quartet formé du guitariste Bernard Falaise, du contrebassiste Jean Félix Mailloux et du batteur Pierre Tanguay. Un jazz actuel à la montréalaise, avec des touches latines et juives, plus une influence rock. C’est probablement la session la plus tranquille qu’ait enregistré Falaise, mais il s’en tire plutôt bien. Quant au maître d’œuvre et compositeur du groupe (Nisenson), son saxo léger et légèrement plaintif règne en maître tout au long du disque.

    Un jazz actuel à la montréalaise, avec des touches latines et juives, plus une influence rock.

    Hommage à Mingus dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, no 703, 1 novembre 2009
    dimanche 1 novembre 2009 Presse

    Normand Guilbeault Ensemble. With an earlier CD in mind of this ensemble, Mingus Erectus, their new one is again dedicated to the work of jazzgigant Charlie Mingus. In a line up of six musicians plus guest a singer (alt and baritone saxes, flute, voice, clarinet, bass clarinet, trumpet, fluglehorn, piano, drums, doublebass) they interpret six compositions by Mingus. It is a very demanding and heavy kind of jazz. It not so easily opens itself up for the listener. The music is very intense. But there is also room for humor and charm. The piano solo in Prayer for Passive Resistance is hard to resist. It is difficult for me to judge how this combo actualizes the music of Mingus, but for sure not in a conservative retro way.

    The music is very intense. But there is also room for humor and charm.
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