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  • La règle dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 6 février 2015
    vendredi 6 février 2015 Presse

    Fünf (cinq en allemand) est un collectif à douze mains féminines: Magali Babin, Andrea-Jane Cornell, Martine H Crispo, Anne-François Jacques, Émilie Mouchous et Erin Sexton. Elles œuvrent toutes à Montréal. Elles expérimentent toutes avec de l’électricité et des bidules faits main ou modifiés. Nous sommes dans le circuit-bending, dans la sculpture sonore miniature, dans l’automate, dans l’art de faire chanter les micros contacts.

    Nous sommes aussi dans une forme d’improvisation microsonique où le silence a sa place, sans dire qu’il est roi. Les sons — grattements, frottements, chuintements, déplacements, parasites, larsens contrôlés, enregistrements de terrain, etc. — sont ténus, fragiles, mesurés. Ils racontent des histoires intrigantes, loufoques, touchantes parfois, jamais convenues.

    La règle propose douze morceaux qui vont de quelques secondes à près de neuf minutes, enregistrés entre 2011 et 2014 dans diverses permutations, mais jamais en sextuor. Je connaissais déjà trois des musiciennes: Sexton, qui joue avec la lumière et les interférences; Babin, dont on se souviendra du Chemin de fer (No Type, 2002); et Jacques, la dame aux automates, que j’ai entendue pour la première fois sur un disque en duo avec Tim Olive. Malheureusement (et c’est mon seul bémol), rien sur la pochette n’indique qui joue quoi ou dans quoi, ce qui fait que je ne peux pas affirmer avoir fait connaissance (par l’oreille) avec les trois autres.

    À bien y penser, ce n’est peut-être pas un malheur. En masquant ses parties, le collectif concentre notre attention sur le tout. Et ce tout présente une unité d’esprit qui m’a charmé dès la première écoute. À qui appartient telle ou telle trouvaille sonore? À Fünf, qui l’intègre aux autres trouvailles de Fünf. Le mixage joue avec une séparation stéréo très vaste et une grande précision dans le placement des sons, ce qui donne l’impression d’une minutieuse chorégraphie. L’écoute au casque est chaudement recommandée.

    Moments forts? Retenue mystique, le plus long morceau du disque, parce que son titre décrit parfaitement ce qui s’y passe et qu’on s’y sent dans un “space opera”, en plein calme avant la tempête. Aimes-tu ma porte? aussi, à l’humour subtil mais tordu. Et Morceau de Fünf, où quand on réinvente presque le presque rien selon Luc Ferrari.

    Le mixage joue avec une séparation stéréo très vaste et une grande précision dans le placement des sons, ce qui donne l’impression d’une minutieuse chorégraphie. L’écoute au casque est chaudement recommandée.

    Not the Music dans Vital

    «Review», Frans de Waard, Vital, no 968, 2 février 2015
    lundi 2 février 2015 Presse

    Although the text here in front of me says there are three new releases on Tour de Bras, a label from Quebec, there are in fact on two in the mailer, of which one will be handled by someone else sometime soon. The other one is a duo disc of Philippe Lauzier (bass clarinet, soprano saxophone) and Éric Normand (bass and ‘caisse claire’, of which I couldn’t find a proper translation). The three pieces here were recorded in concert in March 2014 and the label defines the music as ‘chamber noise’. Both of these players have a history in the world of improvised music, having played with Martin Tetreault and Jim Denley among others. The music here could be labeled as ‘heavy’; ‘heavy’ as in noise based. Lots of this revolves around the scraping of sounds, with some added reverb to make it all a bit heavier. It peeps and scratches, likes feedback; like fingers on a blackboard, like the very early Organum at times. Not something for the weak of hearth, but if you are accepting then an excellent sound world opens up. The sound of what seems a 1000 violins being scraped simultaneously, but this duo also knows how to pull back, slow down and space out, such as in the second part. Tour de Bras? Tour de force is more like it. Excellent stuff.

    Excellent stuff.

    Time of the Sign dans La Scena Musicale

    «Ambiances de fin d’année», Marc Chénard, La Scena Musicale, no 20:5, 1 février 2015
    dimanche 1 février 2015 Presse

    Nouveau venu chez Ambiances, le sextette torontois Vertical Squirrels propose une musique à la fois inusitée et familière. Difficile à décrire cette proposition, sinon qu’il s’agit d’une musique largement improvisée dans sa réalisation, mais ancrée dans ses procédés. Des zones harmoniques à forte saveur tonale se font entendre dans la majorité des pièces (13), des ostinatos rythmiques s’insinuent constamment (émanant surtout du piano d’Ajay Heble, autrement connu comme directeur artistique du festival de Guelph). Cordes et percussions dominent ici, auxquelles s’ajoutent six invités, dont ô surprise! la saxophoniste et flûtiste Jane Bunnett, effectuant ici une de ses rares sorties de son terrain habituel, le jazz latin. Faute d’un meilleur descriptif, on qualifiera leur démarche d’«improvisation mondialiste», dans laquelle chaque participant se met au service de l’ensemble plutôt que de s’affirmer devant le groupe (comme dans le jazz). Pour l’originalité, il y a de quoi les féliciter; quant au contenu, on sent qu’ils se cantonnent un peu trop dans leurs procédés.

    Pour l’originalité, il y a de quoi les féliciter

    Pour en finir dans La Scena Musicale

    «Ambiances de fin d’année», Marc Chénard, La Scena Musicale, no 20:5, 1 février 2015
    dimanche 1 février 2015 Presse

    Trio qui abonde dans la musique improvisée pure et dure, Klaxon Gueule conjugue les talents de Michel F Côté (perc.), Bernard Falaise (gtr.) et Alexandre St-Onge (b. él.). Leur musique éclatée évite toutefois le plus grand écueil du genre: le bavardage. Comme les trois se côtoient depuis vingt ans, ils ont développé une chimie de groupe, d’où la remarquable concision des pièces (14 en moins de 41 minutes). Les rôles entre soliste et accompagnateurs s’effacent alors que l’électronique redéfinit les sonorités instrumentales, celles du guitariste en particulier. Cette formation propose une série de microclimats exploités à bon escient. Il va sans dire, leurs expériences partagées jouent pour beaucoup dans la réussite de cet album.

    … leurs expériences partagées jouent pour beaucoup dans la réussite de cet album.

    Monk Work dans La Scena Musicale

    «Ambiances de fin d’année», Marc Chénard, La Scena Musicale, no 20:5, 1 février 2015
    dimanche 1 février 2015 Presse

    Écouter la musique de Monk, c’est comme fréquenter un vieil ami. Jadis perçues comme étranges, ses pièces nous sont pourtant familières aujourd’hui. Et lorsqu’elles sont reprises par trois connaisseurs comme Jean Derome (saxos alto et baryton), Pierre Cartier (b. él.) et Pierre Tanguay (btr.), l’amitié est scellée. Voici donc leur troisième opus (14 ans plus tard!) avec 11 bijoux du maître. Two Timer, par exemple, n’a jamais été interprété par son compositeur, du moins sur disque, mais se retrouve dans le cahier de ses pièces. Dreamland, en revanche, semble être de sa plume (si l’on se fie à la biographie exhaustive de Robin Kelly), mais aucune partition n’en existe, juste une couple d’enregistrements. Cela dit, nos trois lascars frappent dans le mille ici, car ils comprennent parfaitement la prescription du maître: «N’improvisez pas sur les harmonies de mes pièces, mais sur les mélodies!»

    … nos trois lascars frappent dans le mille ici…
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