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  • Quelques fictions dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Ce musicien apparaît pour la première fois sous son nom dans les productions proposées par Ambiances Magnétiques. Mais comme ce fut parfois le cas pour d’autres, il a déjà émargé dans des projets collectifs (Joker, chorale bruitiste), voire comme partenaire d’un autre musicien (Nicolas Caloia, Les Bonnes Histoires). S’il a débuté par des études musicales classico-contemporaines, ses rencontres avec le monde de l’improvisation (René Lussier puis Phil Minton ou Ute Wassermann) et la musique extra-occidentale (initiation à la musique carnatique lors de deux séjours en Inde), il se range désormais davantage aux côtés des compositeurs / performeurs, notamment comme vocaliste. Sept fictions vocales nous sont ainsi offertes, parfois courtes [«Duo de Moogeon»), dépassant parfois les dix minutes («Futile Spells» et «Notre Meute»), mettent en jeu plusieurs configurations vocales: une, deux, cinq, voire davantage. Surtout, elles proposent diverses techniques vocales, parfois combinées entre art traditionnel (plain-chant occidental, voix de gorge) et approches plus inventives.

    Feu aimant dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Ce Feu aimant est le premier opus d’une jeune formation, un quatuor au sein duquel émarge le claviériste Maxime Corbeil-Perron, l’un des initiateurs du label numérique Kohlenstoff, mais aussi auteur d’un enregistrement sur Mikroclimat il y a trois ans, Polychrome. À ses côtés officient Sylvain Gagné (bassiste et auteur en 2017, sous le nom de De Grèle, d’un enregistrement lui aussi sur Mikroclimat), Simon Trottier (guitariste) et Maya Kuroki à la voix (elle aussi a un enregistrement à son actif sur Mikroclimat, Chromalespsie, réalisé par son duo avec Rainer Wiens, Rippleganger). Se partageant entre trois longs morceaux de plus ou moins dix minutes et quatre titres de deux/trois minutes, ce Feu aimant est pour le moins attirant, surtout lorsque l’auditeur a été nourri au biberon dudit krautrock, auquel une large part de l’esthétique de la synthèse siamoise renvoie: aspects de certaines sessions improvisées à la Cosmic Jokers croisés à Xhol, effets de claviers évanescents, avec un apport plus net d’une pulsion groovy, nourrie par quelques échantillonnages… et de délicates dentelles guitaristiques.

    Mes hommages dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Flûtiste dans l’Ensemble contemporain de Montréal, Marie-Hélène Breault s’est associée à la pianiste Pamela Reimer (elle aussi membre du même ensemble, tout en collaborant aussi au Bradyworks, créé par le compositeur/guitariste Tim Brady) pour enregistrer, pour le compte de la Collection QB, une série d’œuvres de compositrices et compositeurs canadien.ne.s. Au menu: John Rea, Gilles Tremblay, Denis Gougeon, Claude Vivier et Ana Sokolović (originaire de Serbie, elle est devenue résidente canadienne en 1992), auxquels les deux musiciennes rendent hommage à travers deux œuvres pour chacun et chacune. Parfois pour un seul instrument, la flûte (Les Vêpres de la Vierge: Envol de Tremblay, L’Oiseau blessé de Gougeon), ou le piano (Trois Études de Sokolovic, Musiques de l’eau de Tremblay et Shiraz de Vivier}… Ce parcours en dix étapes révèle des pièces assez variées, parfois de facture relativement classique [Sonatina de John Rea ou Pièce pour flûte et piano de Claude Vivier], en introduisant des climats variés un peu mystérieux [les Trois Études], troubles [Un Bouquet de brume d’Ana Sokolović], mais aussi parfois primesautiers [Canto del piccolo de Gougeon], voire ludiques [Las Meninas de John Rea, faite de cinq tableaux, dédiés chacun à un compositeur: Chopin, Evangelista, Koprowski, Stravinski, Glass]…

    Intoxidation, Chaos contrôlé dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Parmi les dernières réalisations du label Mikroclimat, celles de Léa Boudreau et du duo Sarah Albu / Vergil Sharkya’ présente quelques similitudes: une sorte de zapping, de pot-pourri de sons divers qui se télescopent, parfois de manière fugace. Un bric-à-brac sonore souvent joyeux (même lorsque les sons pourraient être anxiogènes par leur nature), rehaussé dans le second cas par la voix de Sarah Albu. Un travail étonnant de Léa Boudreau, qui jusqu’à maintenant a plutôt œuvré dans la chanson rock au sein d’une formation, The Bright Road (cf. l’album Océan). Sarah Albu, elle, est vocaliste et voyage entre les polyphonies des XVe et XXe siècles (Stimmung de Stockhausen) et l’approche expérimentale et bruitiste: on note un travail avec Architek Percussion (cf R&C No. 112) et le compositeur acousmatique James O’Callaghan. Son partenaire Vergil Sharkya’, originaire d’Autriche, a travaillé avec Philip Jeck et explore plus particulièrement synthétiseurs, logiciels, effets électroniques et analogiques; on a pu le croiser au sein de l’Ensemble SuperMusique.

    Intoxidation dans Néomémoire

    «Critique», Normand Babin, Néomémoire, 25 juin 2020
    lundi 29 juin 2020 Presse

    Qu’est-ce que le rétro futurisme sinon une façon de voir le futur en tenant compte des acquis du passé? Dans Intoxidation, première composition partagée entre le compositeur Vergil Sharkya’ et la vocaliste expérimentale Sarah Albu, il y a beaucoup de datas ingérées et reprogrammées. On sent ici l’influence de la musique concrète et électroacoustique des débuts, celle des années 60. Mais on y trouve également des lignes vocales presque classiques, dans Mâchoire de sirène par exemple. Un sentiment de déjà vu, une madeleine qui nous ramène à l’époque où le futur était fabuleux et propre. Mais plus on avance dans l’écoute, plus on comprend que le travail des deux artistes va beaucoup plus loin. On y entend une relecture des classiques et un collage, comme en art visuel, de différentes matières sonores. Superposée en plusieurs couches, la palette sonore est d’une grande richesse. Le collage nous ramène à l’époque des surréalistes, et c’est justement aussi un peu de surréalisme qu’on entend dans cette musique; un surréalisme qui se retrouve même dans le titre de certaines pièces. Un surréalisme rétro futuriste? Tout à fait!

    Dans coquillage radio vs. ancient sea receiver et récepteur de la mer antique vs. radioshell, les pistes 4 et 5, les artistes jouent un peu avec nous et nos oreilles. Difficile de dire s’il s’agit exactement des mêmes bandes présentées de façon différente, en passant d’une oreille à l’autre, en donnant plus de volume à une bande qu’à l’autre, mais ce petit tour de virtuosité fait forcément sourire, nous donne l’impression, vraie ou fausse, de comprendre ce qui se passe.

    … merely a vehicle for the sauce est la pièce la plus ambitieuse de l’album. Ici Sarah Albu utilise toute la gamme de sons qu’une bouche puisse produire. La voix de Sarah Albu est remarquablement pure, elle utilise très peu de vibrato, une voix blanche qui tout à coup s’étrangle ou semble se diffracter. Ça va des arpèges chantés les plus purs et justes en passant par le miaulements, le bruits de vibration fait avec les lèvres, le chant de gorge, etc. L’entourage électronique sert surtout d’accompagnement et d’amplificateur. Voici donc ce à quoi pourrait ressembler un grand aria au XXIe siècle. Une pièce de virtuosité, un mini-drame où toute la technique et la sensibilité de la chanteuse sont mises à contribution. Une grande réussite tant au niveau compositionnel qu’au niveau de l’interprétation.

    Voici donc un album avec un programme, un début, une fin, de vastes et grands moments et des moments plus drôles, un album où la grande complicité entre les deux artistes se transcende dans ces magnifiques chants.

    Voici donc un album avec un programme, un début, une fin, de vastes et grands moments et des moments plus drôles, un album où la grande complicité entre les deux artistes se transcende dans ces magnifiques chants.

    Souvenir. dans Avant Music News

    «AMN Review», Mike Borella, Avant Music News, 17 juin 2020
    mercredi 17 juin 2020 Presse

    Joel Lavoie is a Montréal-based sound artist who’s output on Souvenir encompasses a mix of ambient, acousmatic, synth (Buchla 200), and minimalist influences. While these styles have been combined in various ways previously, Lavoie’s approach has a unique feel, making Souvenir a compelling and understated release.

    Across three long tracks, Lavoie layers oscillations, gentle walls, pulses, and environmental sounds. On Souvenirs intermittents, these evolve and grow in intensity, adding cosmic synth lines. Addendum begins with a mid-range drone before moving into a theme reminiscent of Steve Roach or the Berlin School. Marche irréfléchie is a 25-minute coda that adds a double bass player as well as some light discordance. Melodies drift across deep soundscapes with distant crashing, voices, and other effects.

    Despite their unconventional sources, there is a certain warmth and spaciousness to Lavoie’s compositions that give them a cinematic texture. With no shortage of ambient music readily available, it takes a strong release to turn heads these days. Souvenir fits the bill.

    Lavoie’s approach has a unique feel, making Souvenir a compelling and understated release.
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