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  • Bruit court-circuit dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 22 décembre 2012
    samedi 22 décembre 2012 Presse

    Voici, enregistré en studio à l’automne 2012, le répertoire du plus récent concert de l’Ensemble Supermusique, Bruit court-circuit, créé au FIMAV 2012 puis repris à Montréal en octobre dernier. Six œuvres bruitistes pour un ensemble de neuf musiciens — des compositions impliquant partitions graphiques, opérations aléatoires, techniques étendues de toute sorte. Le bruitisme est ici acoustique, là électronique. Les deux pièces de Martin Tétreault opposent à bon escient rythme et déstructuration. SM: re-trait de l’abjection d’Alexandre St-Onge demeure une chose très étrange (et oui, c’est moi qui dis ça), qui n’arrive pas plus à me convaincre sur disque qu’en concert. Acouphènes en partage de Danielle Palardy Roger se distingue par la qualité de l’écriture et l’exécution soigneuse — du grand art actuel. Les deux autres pièces sont signées Joane Hétu et Jean Derome. Avec ce disque, Ensemble Supermusique repousse ses propres limites, poursuivant sa conceptualisation de la musique actuelle. Les œuvres sont déstabilisantes, souvent imprévisibles, et elles méritent réflexion.

    Ensemble Supermusique repousse ses propres limites, poursuivant sa conceptualisation de la musique actuelle. Les œuvres sont déstabilisantes, souvent imprévisibles, et elles méritent réflexion.

    La femme territoire ou 21 fragments d’humus dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 20 décembre 2012
    jeudi 20 décembre 2012 Presse

    La femme territoire est à la fois la suite logique de et diamétralement opposé à Filature, l’œuvre précédente de Joane Hétu. Alors que Filature était une production à grand déploiement, avec de nombreux musiciens, beaucoup de rythme, etc., La femme territoire se limite à cinq interprètes et se joue dans un décor spartiate mais hautement conceptualisé. Dans les deux cas, il s’agit d’œuvres multimédia, mais là où Filature en mettait plein la vue, La femme territoire offre moins pour dire plus, intégrant plus avant musique, poésie, danse, projections, scénographie et performance. Évidemment, ce disque ne restitue pas l’ensemble de l’œuvre (bien que le livret laisse voir bien des choses) et c’est pourquoi j’entretenais certaines craintes — j’ai eu le plaisir de voir la production complète de La femme territoire en octobre 2010. Or, la musique survit bien laissée à elle-même. Même qu’elle s’impose. Ces 21 fragments d’humus ne sont pas faciles à absorber, mais au-delà du dépouillement, de la déconstruction, du morcellement des éléments musicaux, on retrouve ce qui fait de Joane… Joane: les dichotomies mélodie/bruit, organisation/improvisation, tendresse/désir, réflexion/folie. Un disque d’une beauté troublante. Avec Susanna Hood, Alice Tougas St-Jak, Jean Derome et Isaiah Ceccarelli.

    Un disque d’une beauté troublante

    Wow! dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 19 décembre 2012
    mercredi 19 décembre 2012 Presse

    Ce Wow du titre, quant à moi, vaut aussi pour “wow! Ambiances Magnétiques est toujours en vie!”. Après un silence de plus d’un an, voici que l’auguste étiquette de musique actuelle montréalaise publie trois disques à l’aube de 2013. À commencer par ce Wow!, quatrième album du Trio Derome Guilbeault Tanguay (cinquième si on compte le DVD en concert). Pour cet album, le trio de jazz actuel reprend la recette utilisée sur Danse à l’Anvers, le disque précédent, soit un mélange de standards, presque-standards et compositions originales de Jean Derome. Lennie Tristano et Eric Dolphy s’ajoutent au répertoire du groupe, ainsi que The Best Things in Life Are Free, qui perpétue la tradition qu’ont adopté ces compères et qui consiste à faire chanter Derome une fois par disque. Palestine et La danse de Raphaëlle de Derome sont des moments forts, le medley You Can Depend On Me & Wow aussi. Derome alterne entre un saxo baryton chaud à souhait et une flûte gaillarde — pas d’appeaux et autres objets sur ce disque, on s’en tient à une instrumentation jazz traditionnelle. Le contrebassiste Normand Guilbeault est particulièrement en forme sur cet enregistrement, et Pierre Tanguay fait des miracles pour détourner ses idées au lieu de les suivre. Wow.

    Wow

    Bruit court-circuit dans Cult#Mtl

    «Review», Lawrence Joseph, Cult#Mtl, 18 décembre 2012
    mardi 18 décembre 2012 Presse

    The spark plugs at Ambiances Magnétiques have been energizing the musique actuelle field since René Lussier conducted 1983’s Fin du travail, and the label’s current catalogue is now overloaded with 229 releases. Long in sync with Victoriaville’s annual Musique Actuelle festival, it is no shock to learn that their latest project, whose title translates to “short circuit noise,” premiered at last May’s FIMAV.

    Although core musicians remain, the Ensemble SuperMusique has transformed itself since its founding in 1998, spinning in new members with great potential. Joining stalwarts Joane Hétu (sax, voice, objects), Jean Derome (sax, flute, objects), Martin Tétreault (turntables) and the double-A battery team of Michel F Côté and Danielle Palardy Roger are relative newcomers Alexandre St-Onge (bass and electronics), Émilie Girard-Charest (cello), Guido Del Fabbro (violin) and Vergil Sharkya’ (synths). The latter recruits are equally able to coax sounds out of their instruments, and the ensemble remains grounded in free improvisation relayed by graphic, oral or written scores.

    The CD features six tracks from five different composers. Previous projects included canoe trips and works about the seasons, recalling the earthier times before we all got lost in an electronic flux. Bruit Court-Circuit charges towards more modern developments, and, given past themes, can perhaps be heard as a warning as much as it is an embrace of technology.

    This is most clearly suggested in Tétreault’s Malgré tout, face A, which starts out with a simple drum meter, quickly followed by bursts of impulsive and dizzying noise from the rest, but ends with Hétu’s vocalization of basic human physical and psychological qualities. Thus we cycle from corporeal beats to industrial noise and back to our natural characteristics, from which we cannot escape, regardless of progress.

    It is sometimes difficult to source the sounds. Careful listening can provide clues based on placement in the mix, as each member is given their own corner, but puzzles remain. Is that drumbeat from Tétreault’s vinyl or Côté/Roger? Is the Beethoven cello sonata quote live or Memorex? Is that high-pitched wavering sound flute, sine wave electronics, amp/mic feedback or a fuse of all three?

    This is classic actuelle from the inventors of the genre. Fighting against technology’s tendency to black out human ideals, a ceaseless spirit of positive fun pervades the disc. Electrifying music and a thoughtful message upon which to end the year.

    This is classic actuelle from the inventors of the genre. Electrifying music and a thoughtful message upon which to end the year.

    Ailleurs dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 18 décembre 2012
    mardi 18 décembre 2012 Presse

    … cela dit, ce nouveau disque de St-Onge ne sonne en rien comme celui de Xanthocephalus. Sur Ailleurs, le bassiste montréalais aligne des pièces de basse électrique assistée par ordinateur. Chaque note déclenche une action sonore numérique. Moins bruitiste, plus électroacoustique que ses albums solo précédents. Ailleurs est un album aride, cérébral, et les choix de palettes numériques sont parfois questionnables.

    Moins bruitiste, plus électroacoustique que ses albums solo précédents

    S’enfouir dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 17 décembre 2012
    lundi 17 décembre 2012 Presse

    Un nouvel album solo du guitariste Bernard Falaise (Miriodor, Klaxon Gueule, etc.). S’enfouir est un album cent pour cent solo, donc plus près de Do que de Clic. Or, Falaise n’y joue pas que de la guitare, ce qui lui donne une palette sonore plus étendue que Do. Vingt pièces courtes (rien n’atteint les trois minutes), des ambiances sonores surtout glauques, refermées sur elle-mêmes, quoi que l’humour de Falaise est bien présent. Un travail minutieux au niveau des arrangements et de l’ordre des pièces, qui permet de voir S’enfouir comme une suite en vingt mouvements plutôt qu’une collection de pièces éparses. Un disque fascinant.

    Un disque fascinant
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