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  • Bridge, Lori Freedman dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, no 722, 15 mars 2010
    lundi 15 mars 2010 Presse

    Lori Freedman returns with a beautifully recorded solo album called Bridge. All nuances and colors of her playing can be noticed and fully enjoyed on this crystal clear recording. Freedman leads us through ten works that have her playing bass clarinet, accompanied by Brigitte Poulin (piano) on Flicker (Michel Galante). Some of them are improvisations. Others are compositions by well-known (Scelsi) and not so well-known composers like Monique Jean, Pascal Dusapin, Franco Donatoni, etc. Improvising and playing composed music are equally important for Freedman at this stage of her career and that’s why we find examples of both of them on this record. The contrasts I experienced do not exist between the improvised pieces on the one hand, and the composed ones on the other. Freedman choose very different works to interpret, offering a diverse richness and many contrasts. For instance, Clair (1980) by Donatelli plays intelligently with jazz idiom and is a pleasantly light and positive work. Scelsi’s Maknongen (1976) remains in dark and low sections that are interrupted by almost screaming outbursts. Improvisation and composition are combined in Brief Candles a work composed by Freedman. The closing piece Low Memory 3 by Monique Jean is the only electroacoustic work. The clarinet is surrounded here with sounds that range from ambient-like to very noisy eruptions.

    Lori Freedman returns with a beautifully recorded solo album…

    Martin Tétreault dans Rue Frontenac

    «Le goût du risque», Patrick Gauthier, Rue Frontenac, 13 mars 2010
    samedi 13 mars 2010 Presse

    À la belle époque des disques de vinyle et des tourne-disques, il fallait prendre un soin fou de ces galettes de plastique noir et de cette minuscule pointe de diamant qui transmettait les vibrations des sillons. Depuis 25 ans, Martin Tétreault prend un malin plaisir à trafiquer les premières et à torturer la seconde. Bienvenue dans le monde d’un véritable iconoclaste, d’un créateur unique.

    Il y a un joyeux bric-à-brac dans l’appartement que Martin Tétreault occupe dans le quartier Centre-Sud de Montréal depuis une quinzaine d’années.

    Des piles de disques, des mètres de fils de toutes sortes, plusieurs platines et différents appareils électroniques remplissent la pièce à l’arrière qui lui sert de studio «sonore».

    Au bout du couloir, une tempête semble avoir traversé la pièce qui sert de studio «visuel» à Martin Tétreault. Le sol est jonché de pochettes de disques et de petits tableaux peints par des amateurs, matériau de base d’une exposition complètement déjantée sur laquelle l’artiste planche.

    Si ces deux pièces sont séparées d’une dizaine de mètres, leurs contenus cohabitent en parfaite symbiose dans la tête de l’artiste. Pour lui, le son et la lumière ne sont que deux variations du même langage. Et ces variations illustrent également une seule et unique fascination pour le disque.

    Cercle noir

    Si, depuis un quart de siècle, Martin Tétreault voue un véritable culte au disque, sa fascination fut d’abord pour l’objet plutôt que pour son contenu. La forme annonçait le fond.

    «Pour moi, un disque, c’était un cercle noir, dit l’artiste, sur la table duquel traîne le Points et lignes sur plan de Kandinsky. Un disque que j’ai coupé en deux, puis recollé en inversant les côtés. En remettant le disque sur une table-tournante, le discours narratif de l’objet (pour l’anecdote, ce premier disque trafiqué par Martin Tétreault fut Travelling Guitars, par Larry and Lenore…) est réapparu.»

    C’est donc un peu par curiosité, presque par accident, si cet étudiant en arts s’est intéressé au «son» d’un disque trafiqué. Déjà fou de musique expérimentale — adolescent, il faisait régulièrement l’aller-retour Saint-Jean—Montréal pour aller entendre Jean Derome —, il a voulu jouer avec la signature visuelle de l’objet-disque avant d’en triturer le contenu.

    Mais la richesse sonore du disque trafiqué s’est bien vite imposée, et les possibilités de ce nouveau langage se sont avérées illimitées. Aujourd’hui, sa fascination «visuelle» pour l’objet-disque s’est déplacée vers la pochette. L’objet-disque est maintenant une source d’expériences sonores inédites.

    «Ça me permet de créer des groupes qui n’existent pas», explique-t-il, se souvenant de son excitation lorsqu’il a créé l’un de ces premiers groupes en collant trois disques: «Un de Ravi Shankar, un disque du Chœur de l’Armée rouge et finalement un disque de piano honky tonk! J’entendais ce groupe improbable et je voyais ce que ça donnerait sur scène.»

    Heureux accidents

    Mais les collages sonores ne donnent pas toujours les résultats escomptés. «L’accident est important», concède Tétreault.

    Depuis ces premières expérimentations, au début des années 1980, il multiplie donc les tentatives, cherchant à créer ces «heureux accidents».

    Pendant l’entrevue, il nous fait d’ailleurs une petite démonstration en spinnant un disque constitué de quatre parties distinctes, quatre morceaux d’autant de disques de musique classique qui, une fois scotchés, deviennent une œuvre unique, inédite.

    «J’aime le risque», admet-il quand on lui fait remarquer que ses collages ne doivent pas toujours donner des résultats probants.

    «Et je trouve que la musique manque de risque», poursuit ce fan de Prince qui cite, au cours de l’entrevue, Cage et Zorn, bien sûr, mais aussi Radiohead et… Barbra Streisand. «J’aime ça me casser la gueule, surtout en solo. J’aime quand le public sent que je m’enferme dans un coin et ne sait pas comment je vais m’en sortir…»

    Plasticien sonore

    Le bric-à-brac qui occupe au moins deux des pièces de son appartement illustre bien le penchant de Martin Tétreault pour la récupération. Car à son désir de réinventer l’objet-disque s’ajoute une véritable préoccupation ethno-écologique.

    Le principal intéressé admet sans gêne son côté «patenteux», mais il lui donne une valeur artistique, voire philosophique: «Je redonne du sens à des objets culturels qui n’ont plus de signification.»

    Il pousse aujourd’hui ses recherches encore plus loin, délaissant le collage de disques pour expérimenter avec des textures. Il couche donc sur ses platines des disques de bois, de carton, de papier gaufré, de mack tack… Comme si l’artiste visuel, intéressé par la texture des matériaux, nourrissait le DJ.

    DJ, créateur, recycleur, patenteux, bruitiste, platiniste, joueur de tables tournantes, compositeur… Quand, après une bonne heure d’interview, on demande à Martin Tétreault quelle appellation il préfère, qu’on le voit hésiter et qu’on lui suggère «plasticien sonore», son œil s’allume et un grand sourire espiègle fait son apparition.

    «Tiens, tiens, j’avais jamais pensé à celle-là!» On a bien l’impression que l’appellation va rester…

    Au plus près du gouffre

    Concentré sur son mixeur, accentuant les graves ici, mettant un effet là, Martin Tétreault est complètement habité par le son.

    Lorsque l’aiguille quitte la surface noire pour gratter le carton au centre du disque, provoquant un son irritant, l’expérience continue pour ce défricheur. Mais elle achève: «On ne peut pas aller plus loin, dit soudainement Tétreault. Plus loin, on tombe dans le trou!»

    L’art selon Martin Tétreault, c’est ça: s’approcher au plus près du gouffre. Faire le funambule sur une corniche qui surplombe le vide. Flirter avec le désastre. Avoir le goût du risque.

    Martin Tétreault vient de faire paraître un disque en duo avec le platiniste berlinois Ignaz SchickLive 33 45 78 — et multipliera les apparitions, seul ou avec ses partenaires, ce printemps.

    Bienvenue dans le monde d’un véritable iconoclaste, d’un créateur unique.

    Ugly Beauties dans NOW

    «Review», Benjamin Boles, NOW, no 29:28, 10 mars 2010
    mercredi 10 mars 2010 Presse

    Pianist Marilyn Lerner is the best-known member of this trio, but drummer Nick Fraser and cellist Matt Brubeck also have substantial, impressive resumés that span a wide range of styles. Lerner has made a career of jumping nimbly between klezmer, jazz, improv and modern classical music, all while balancing a flair for experimentation with a love of melody, which should give you some idea of where Ugly Beauties fall on the musical spectrum. There’s a mixture of group improvisations and individual compositions by all three members. Although Lerner makes the greatest contribution, the album is more about the interplay between the musicians and their effortless improvising. They’re all creative players, and at moments they whip up such a storm of strange textures and tones that you forget you’re listening to just three acoustic instruments. Happily, those experimental tendencies are offset by strong compositions and melodies, so they never descend into the tuneless racket some associate with improvised music.

    Happily, those experimental tendencies are offset by strong compositions and melodies, so they never descend into the tuneless racket some associate with improvised music.
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