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  • Musique de Steve Lacy dans Point of Departure

    «Moment’s Notice», Stuart Broomer, Point of Departure, no 29, 1 juin 2010
    mardi 1 juin 2010 Presse

    The Rent is a Toronto-based quintet devoted to the compositions of Steve Lacy, mirroring Lacy’s own concentration on the work of Thelonious Monk and, to a lesser extent, Duke Ellington. Consisting of saxophonist Kyle Brenders, trombonist Scott Thomson, vocalist Susanna Hood, bassist Wes Neal and drummer Nick Fraser, the band is faithful to the particulars of Lacy’s music as well, mirroring the most frequent instrumentation of his later years. Thomson has studied with Roswell Rudd, one of Lacy’s closest musical partners, and his evident stylistic empathy extends to the group’s approach. It’s an intensely disciplined project. Brenders, frequently heard elsewhere on tenor, plays soprano exclusively here, and the band combines both tight ensemble execution and fluent improvisation within Lacy’s structures. While there are a few instrumentals here — The Rent, The Bath and Blinks (the latter including fine collective improvisation led by Brenders’ spiralling lines) — the emphasis is on Lacy’s special interest in setting poems and his collaborations with singer Irene Aebi. Hood handles the material effectively, melding her voice with the rapid-fire chirping and broad intervals of Lacy’s compositions on texts that include ancient Asians and Beats alike. Highlights include the brief explosion accorded Robert Creeley’s Jack’s Blues, used to frame a Fraser drum solo, and the version of Gregory Corso’s The Mad Yak, with Hood pressing her extended improvisation into the special terrain of Sainkho Namchylak. It’s clear here that there’s much for musicians to learn from playing Lacy in repertoire, and much for listeners to gain as well.

    It’s clear here that there’s much for musicians to learn from playing Lacy in repertoire, and much for listeners to gain as well.

    Fanfare Pourpour dans La Presse

    «La Fanfare Pourpour: pour l’aventure humaine», Alain Brunet, La Presse, 31 mai 2010
    lundi 31 mai 2010 Presse

    Signé Dyane Raymond, un portrait élogieux publié aux éditions Varia a déjà nommé le multi-instrumentiste et compositeur Jean Derome «l’homme musique». Et pour cause, parmi ses innombrables interventions, dont une participation prochaine au Festival international de jazz de Montréal avec ses Dangereux Zhoms, Derome est directeur musical de la Fanfare Pourpour. Cet ensemble d’une vingtaine de musiciens lance aujourd’hui un quatrième album: Danse des breloques.

    Rappelons que Pourpour s’inscrit dans une longue tradition contre-culturelle. Dans les années 60 et 70, des musiciens européens et nord-américains avaient entrepris de régénérer le concept de fanfare en lui conférant des répertoires beaucoup plus déjantés que ce à quoi on pouvait s’attendre alors. À Montréal, on ne faisait pas exception à la tendance, qui se prolonge jusqu’en 2010.

    «Pour faire la genèse de la Fanfare Pourpour, raconte Jean Derome, il faut remonter à L’Enfant Fort, qui jouait jadis dans les rues du Plateau. Benoît Fauteux et Christine Lajeunesse, qui ont été parmi les fondateurs de la Fanfare Pourpour, étaient de cette première aventure. Dans la même lignée est né ensuite le Pouet Pouet Band, puis la Fanfare Pourpour. Pendant un bon moment, le compositeur principal en était Bernard Poirier, que j’ai remplacé à la direction musicale après avoir été invité spécial de l’orchestre.»

    Depuis son accession à la direction musicale de Pourpour, Jean Derome a notamment transposé la musique de l’accordéoniste scandinave Lars Hollmer autour de laquelle la Fanfare a consacré son album précédent.

    «Ce qu’il y a de nouveau avec Danse des breloques, souligne notre interviewé, c’est qu’il y a une dizaine de compositeurs qui participent. Pour plusieurs d’entre eux, d’ailleurs, c’est la première composition enregistrée. Ces pièces inédites ont été arrangées par eux-mêmes ou avec l’aide d’autres membres comme le clarinettiste Pierre Emmanuel Poizat (PEP) et le trompettiste Nemo Venba — qui étaient tous deux dans les Faux Monnayeurs de Tomas Jensen.»

    Tango, flamenco, reggae, musiques des Balkans et autres genres variés se déploient ainsi dans le répertoire original de la Fanfare Pourpour. Jean Derome complète l’observation: «Nous jouons de plusieurs styles mais nous ne faisons pas dans la reprise. Nous sommes très ouverts même si nous conservons une touche foraine.»

    Le directeur musical insiste en outre sur le caractère multigénérationnel de la Fanfare Pourpour.

    «On garde nos vieux piliers, mais il y a beaucoup de musiciens plus jeunes. Benoît Fauteux a joué jusqu’à l’âge de 71 ans, il s’est retiré depuis quelques années. Nemo Venba a commencé à l’âge de 18 ans, il en a 29. L’accordéoniste Luzio Altobelli (Sagapool), Guido Del Fabbro (Pierre Lapointe) sont aussi parmi les jeunes de l’orchestre. C’est donc la rencontre de générations et d’horizons musicaux différents. Certains d’entre nous, par ailleurs, ne sont pas professionnels de la musique.

    «La performance technique, insiste Jean Derome, n’est pas un objectif important de la Fanfare Pourpour. Les partitions sont taillées sur mesure sur le potentiel de chacun. C’est un projet familial et humain avant tout. Une tribu! Ce qui est frappant avec les années, toutefois, c’est que le groupe s’améliore. L’intonation, le jeu d’ensemble… on arrive à quelque chose de vraiment bien.»

    Jean Derome met de l’avant le caractère autogéré de l’ensemble. «En ce sens, la chanteuse et accordéoniste Lou Babin est l’âme de la Fanfare. C’est elle qui en assume la gestion administrative et la coordination. Tout le monde peut donner son avis et Lou recueille sans cesse les points de vue de chacun. C’est très démocratique comme fonctionnement, mais ça ne marcherait pas si Lou ne faisait pas ce travail formidable. La Fanfare s’engage, d’ailleurs, dans plusieurs causes sociales et humanitaires, comme par exemple l’Action terroriste socialement acceptable. On arrive parfois à générer quelques revenus, mais c’est bien peu par rapport au travail accompli.»

    C’est un projet familial et humain avant tout.

    Chants et danses du monde inanimé dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 30 mai 2010
    dimanche 30 mai 2010 Presse

    J’avais le vinyle depuis des lustres, mais pas la réédition CD de 1996. J’ai profité du passage de René Lussier au FIMAV pour me la procurer. Ce disque de 1984, le tout premier officiellement paru chez Ambiances Magnétiques, est un excellent exemple de ce qu’on appellera «musique actuelle» québécoise. Lepage aux clarinettes multiples, souvent multipistes; Lussier à la guitare et la podorythmie, un peu de daxophone aussi je crois. Une séquence de courtes pièces semi-improvisées aux textures rêches comme le béton, dissonantes comme le trafic en ville, mais pleines de vie, une vie résolument urbaine. La réédition rajoutait une nouvelle séance enregistrée en 1996 (au prix d’éliminer une pièce de l’album original, Beyrouth, à défaut d’être mort — pourquoi diantre je ne sais pas), tout aussi folle et créative. Du grand art, du grand Lussier et possiblement le disque le plus exigeant de Lepage, au style habituellement plus léger.

    Du grand art, du grand Lussier et possiblement le disque le plus exigeant de Lepage, au style habituellement plus léger.

    Danse des breloques dans La Presse

    «Fanfare Pourpour: de la suite dans les idées… et les émotions», Alain Brunet, La Presse, 29 mai 2010
    samedi 29 mai 2010 Presse

    Ceux qui ont vécu les alternatives musicales au cours des années 70 se rappellent ces fanfares déglinguées du Québec, qui s’inscrivaient dans un courant européen de ce type de fanfare. Hippie, tzigane, jazzy, Nino Rotaïsant, esprit forain… Enfant Fort, Pouet Pouet Band, Fanfafonie, Petite Fanfare, etc.

    Que reste-t-il de ces utopies orchestrales? Certains y croient encore. Au point de peaufiner, étoffer, hausser le niveau technique, varier les propositions. Cette bonne vieille bande du Plateau entretient toujours la flamme, recrute encore parmi ses meilleurs éléments que coordonne Jean Derome. Flamenco, balkanité, jazz attitude, reggae, tango, enfin un large spectre de références est ici bellement survolé. Le travail y est collectif, vu les différences de calibres au sein du même orchestre. Les solos y sont brefs, on n’insiste pas sur la virtuosité de certains, tout est au service de la fanfare. Quelques chants, Luc Proulx, Jean Derome, dont les textes ne passeront certes pas à l’histoire. Quelques vocalises de Lou Babin, dont les fréquences poignantes devraient être plus présentes sur nos ondes. Des arrangements simples et soyeux, dynamiques. En somme, de la suite dans les idées… et les émotions.

    Des arrangements simples et soyeux, dynamiques. En somme, de la suite dans les idées… et les émotions.

    Érick d’Orion dans Chez Danny Trobu

    «Critique», Danny Trobu, Chez Danny Trobu, 28 mai 2010
    vendredi 28 mai 2010 Presse

    Cette année, le FIMAV n’était pas fait seulement de spectacles en salle. Au Théâtre Parminou il y avait cette curieuse installation faite de 6 pianos qui ont connus de meilleurs jours et de hauts-parleur qui jouaient des solos de piano.

    Il faut dire que l’entrée en matière était assez particulière: J’arrive au Parminou et il y a une petite dame à l’entrée. «Venez-vous voir les pianos?» me demande-t-elle d’un air comme si j’étais le premier à me présenter. Elle me fait signe que c’est au bout du couloir à gauche. «Attendez, je vais vous ouvrir la porte» fait-elle comme si la porte était barrée pour garder les pianos à l’intérieur.

    J’entre dans cette pièce aux murs noirs où seulement 6 spots éclairent les 6 pianos et il y a un piano qui gronde. La porte se referme derrière moi dans CLANG sonore. Ça y est, je suis pris au piège et les pianos vont avoir ma peau.

    Après quelques secondes, je confirme que les pianos ne bougent pas. C’est déjà ça, mais maintenant 3 pianos grondent furieusement. Tout d’un coup, il se taisent. Le piano recommence doucement dans les hauts-parleurs et un piano enchaine en grondant légèrement. Plus le solo de piano s’emballe, plus les pianos entrent dans la mélodie et grondent en chœur.

    Les pianos ont vraiment connus de meilleurs jours. Ils sont carrément hors d’état de jouer. Du coup, je voyais une maison de retraite pour vieux pianos séniles. Il y a un délai entre la musique et les réactions des pianos, comme des vieux gâteux qui passent leur temps à dire «Heille! C’est moi qui jouait ça!».

    Les pianos grondent car d’Orion a placé un moteur électrique désaxé dans chacun d’eux. Après avoir discuté avec d’Orion entre deux show du FIMAV, j’ai appris que c’est un ordinateur qui contrôle les moteurs en les activant selon les fréquences présentes dans la trame de piano; un piano gronde sur les graves, un autre sur les moyennes-graves, un autre sur les hautes et ainsi de suite. Le délai entre la réaction du moteur par rapport à la musique est dû au temps que prends le moteur avant de démarrer, soit environ un quart de seconde.

    J’ai dû passer 15 minutes planté là, seul, au milieu de 6 pianos qui grondent à étudier leurs réactions.

    Mon avis: Fascinant!

    Fascinant!
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