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  • Face à la dérive dans La Scena Musicale

    «Critique», Annie Landreville, La Scena Musicale, no 13:4, 1 décembre 2008
    lundi 1 décembre 2008 Presse

    À l’instar du Trésor de la langue de René Lussier, Face à la dérive est un documentaire sonore qui donne la parole… au fleuve Saint-Laurent. La création de cette œuvre s’est réalisée en deux temps: la collecte de sons de la nature et des témoignages enregistrés aux abords du fleuve ont d’abord été employés dans une série de spectacles de musique improvisée; par la suite, ces matériaux ont été retravaillés durant une résidence en France pour réaliser ce document. Le bassiste Éric Normand, la pianiste et accordéoniste Brigitte Lacasse et la violoniste Catherine S Massicotte, qui habitent tous le Bas-Saint-Laurent, complètent les propos avec sobriété, inventivité et une évidente complicité. Il y a ici un bel équilibre entre les musiques, les sons et la parole. Il est aussi touchant d’y entendre des gens qui travaillent dans le coin, qui fréquentent ou qui aiment tout simplement ce fleuve. On s’amusera d’ailleurs à entendre Normand apprendre à ramer, littéralement. Signalons enfin la participation de Sébastien Cirotteau au projet en tant que preneur de son, responsable des traitements et d’un montage final fort bien ficelé.

    Il y a ici un bel équilibre entre les musiques, les sons et la parole.

    Geggie Project dans La Scena Musicale

    «Critique», Annie Landreville, La Scena Musicale, no 13:4, 1 décembre 2008
    lundi 1 décembre 2008 Presse

    La pièce d’ouverture de cet album, Credo, a quelque chose de solennel. Pourtant, la suite s’avère plus joyeuse, très moderne, voire tribale par moments. Le bassiste, qui fit partie, dans les années 1990, du quartette Chelsea Bridge, a vu bien des notes couler sous les ponts en naviguant avec les DD Jackson, Myra Melford, David Mott et Peggy Lee (la violoncelliste, pas la chanteuse). Pour son premier disque sur Ambiances Magnétiques, l’ancien élève de Gary Peacock propose un nombre égal de compositions et de créations collectives. Outre le très polyvalent batteur Nick Fraser, le bassiste a fait appel à la grande pianiste Marilyn Crispell: sans écraser les autres, cette improvisatrice insuffle, selon les plages, énergie ou lyrisme et ce disque ne serait pas le même sans sa présence inspirante. Il y a de très beaux moments sur cet enregistrement où s’instaure une écoute attentive au sein du trio. Un bel amalgame de rythmes syncopés et de structures complexes s’offre donc à l’auditeur, le tout capté (sans public) dans la salle de concerts de la Bibliothèque nationale du Canada à Ottawa, et avec rien de moins que le célèbre Steinway de Glenn Gould. Inspirant, quoi!

    Inspirant, quoi!

    Clic dans Solénoïde Radio

    «Critique», Solénoïde Radio, no 127, 25 novembre 2008
    mardi 25 novembre 2008 Presse

    Voilà encore un de ces artistes atypiques que seul le Québec semble capable díengendrer. Attiré par les expérimentations les plus biscornues, pouvant amalgamer notamment rock progressif et musique contemporaine, ce guitariste synthétise habilement ses divers penchants esthétiques. Et pour donner corps à ses douces lubies transverses, un orchestre particulier (incluant trompette, sax, marimba) prend part aux hostilités, dérivant généreusement l’auditeur sur des chemins inattendus. Aussi baroque qu’intemporel, le résultat comblera les adeptes de productions exigeantes et ludiques!

    … un de ces artistes atypiques que seul le Québec semble capable d’engendrer.

    D. Kimm dans Voir

    «D.Kimm, pour découvrir Le silence des hommes», Robert St-Amour, Voir, 17 novembre 2008
    lundi 17 novembre 2008 Presse

    Il y a déjà une semaine que j’ai assisté à la représentation de Le silence des hommes et encore résonne en moi, images et paroles toutes enchevêtrées. C’est donc pour cela que je ferai ce commentaire sur une base plus personnelle, chère D. Kimm ou simplement Kimm si je me fie aux chanteurs qui sont venus vous rejoindre sur scène. Je peux vous dire que durant toute la représentation le courant a passé entre nous. J’oserai dire que cela ne devrait pas être surprenant lors d’une représentation de la compagnie Les Filles électriques. Le jeu de mot facile mais tellement en accord avec les différentes sensations que j’ai ressenties.

    En effet, en entrée de jeu, avec «comme des couteaux acérés» de ses mots et de sa musique sous haute tension, ma chaise avait des allures électriques sans le risque de l’électrocution. D’abord avec votre voix dont l’intensité augmentait, soutenues par le jeu de guitare de votre complice Bernard Falaise. Par la suite, la main sur le régulateur de tension, avec vos paroles dites ou chantées, vous m’avez magnétisé tel un électro-aimant. J’ai été particulièrement touché par les chansons interprétées par Michel Faubert et André Duchesne dont l’âge est proche du mien. «Je serai très ardent / comme si j’avais vingt ans / juste un peu moins pressé» ou «Je ne suis pas un héros / Je ne suis pas un taureau / je suis un homme», voilà des paroles que j’aurais bien chanté moi-même. «Elle est la faille dans mon système / le défaut de ma cuirasse», avec ces paroles, vous avez très bien su combler Le silence des hommes.

    Votre présence sur scène, entourée de vos musiciens si complices, confirme toutes les belles choses que j’ai lu sur vous. Il y a très longtemps que je souhaitais ce rendez-vous artistique mais je vous faisais faux bond, je m’en excuse. Aujourd’hui, je peux vous dire que je suis la principale victime de cette situation. Mais n’ayez crainte, nous nous rencontrerons de nouveau, soyez en assurée.

    … vous m’avez magnétisé tel un électro-aimant.

    Clic dans emoRAGEi

    «De zéro à disque», Nicolas Pelletier, emoRAGEi, 13 novembre 2008
    jeudi 13 novembre 2008 Presse

    Falaise est un guitariste expérimenté sur la scène de la musique actuelle au Québec. Il a collaboré avec une large partie du bottin d’Ambiances Magnétiques (la référence en la matière), mais en est seulement à son deuxième album «solo». Difficile d’appeler Clic solo puisque beaucoup de musiciens y participent: Jean Derome, Gordon Allen, Lori Freedman, Julien Grégoire, Jean Martin… et même Tom Waits, au trombone!

    Contrairement à son premier opus Do, paru en 2000 où il y jouait toutes les guitares de pièces composées pour des ensembles, Falaise n’y est donc pas seul: il s’est bien entouré. Mais il est bien le seul compositeur des 13 titres qui sont ici publiés. La musique de Falaise est très accessible. Peu de délires à la Naked City. Ce sont vraiment des pièces harmoniquement faciles à suivre (quand même pas pop, on s’entend, on parle de musique actuelle…), où la rythmique est souvent originale, mais aussi souvent rock et les motifs musicaux ont été bien pondus.

    La base est plutôt jazz (Tour), parfois même un peu prog, touchant également à l’impro et à l’expérimental. Ceux et celles qui apprécient les élans originaux et complexes des grands groupes prog des années 70 ne devraient pas être trop déboussolés, d’ailleurs. Certaines sonorités ne sont pas si éloignées de ce que faisaient Yes ou Floyd, à leurs sommets créatifs — strictement au niveau instrumental. Il y a aussi des ambiances plus liées au cirque (Fête), et d’autres presque funky (Neuf).

    Derome, une sommité, faut-il le souligner, est particulièrement efficace aux flûtes (notamment sur l’excellent groove de Mule) et le marimba de Julien Grégoire vient amener une belle couleur qu’on n’entend pas assez souvent. Ouvert à tous les styles, Falaise a récemment collaboré avec le loufoque chansonnier country Franck Martel, la poète spoken word D Kimm, le manipulateur de tables-tournantes Martin Tétreault

    La base est plutôt jazz […] mais il y a aussi des ambiances plus liées au cirque, et d’autres presque funky.

    Pas de deux dans Voir

    «Critique», Réjean Beaucage, Voir, 13 novembre 2008
    jeudi 13 novembre 2008 Presse

    Excellente idée de départ: à partir de deux concerts de musique improvisée en duo (Fred Frith: guitare électrique, traitements et voix — Danielle Palardy Roger: percussions et voix), on a superposé les enregistrements, puis raffiné le mix en studio. Le résultat est lui aussi excellent. Très abstrait, bien entendu, comme les improvisations de départ, et davantage encore avec l’ingrédient aléatoire ajouté par la superposition. Les pièces sont courtes et l’ensemble varié, tant sur le plan du jeu (surtout à la guitare, superbe) que dans l’étendue du spectre sonore. Prises de son excellentes (Bernard Grenon à la Sala Rossa et Lucien Villeneuve au Festival des musiques de création de Saguenay).

    Le résultat est […] excellent.
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