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  • Érick d’Orion dans Voir

    «Le son au tapis», Antoine Léveillée, Voir, 7 février 2008
    jeudi 7 février 2008 Presse

    Érick d’Orion endosse le rôle de commissaire et réunit dans son cabaret audio des artistes qui cultivent le son à sa source.

    C’est dans les studios d’Avatar, au complexe Méduse, que la rencontre se fait autour d’un jeu d’échecs. Un jeu d’échecs trafiqué et lié à un ordinateur portable qui lit des fréquences électriques provenant du damier. Une forme de traduction de la position des pièces sur l’échiquier… Vous suivez? Ce logiciel est en contact avec des tables tournantes sur lesquelles se trouvent des vinyles. La rotation des tables tournantes est modifiée en fonction de la disposition des pièces sur le jeu. Cette installation qui est en train de s’échafauder, Érick d’Orion l’explique sans fausse modestie, le sourire aux lèvres, visualisant déjà le résultat dans une salle d’exposition. Un jeu qui pourrait traduire en musique (ou en sons) une partie d’échecs entre Che Guevara et Fidel Castro, par exemple. Le déroulement d’une partie historique (on dit que le Che a gagné) deviendrait une partition.

    Chez le compositeur-concepteur, les thématiques sont fréquentes. Que ce soit l’auteur Kurt Vonnegut Jr ou encore le roman L’Évangile du bourreau des frères Vaïner, chaque inspiration est un flash supplémentaire qui contribue à motiver une conception ouverte au questionnement. «Tu vois le jeu d’échecs? Ça va s’appeler Autour de Duchamp, explique-t-il. Je m’inspire beaucoup des courants de l’histoire de l’art. Autant le futurisme que la musique concrète et le dadaïsme… Dernièrement, j’ai reçu quelques disques de poèmes dada qu’un ami a trouvés à Paris, des poèmes sonores. Pour le cabaret, j’ai décidé d’orienter ça vers le dadaïsme poétique et de retourner à la source. À partir de certains poèmes, dont ceux de Tristan Tzara, je ferai de l’improvisation avec une basse et des walkies-talkies, qui eux seront en interférence.»

    L’artiste sera le microcommissaire d’un cabaret audio dans le cadre du Mois Multi. Le duo Kathleen Kelly ainsi que Nicolas Bernier et Simon Trottier se joindront à lui pour une séance de performances dans un contexte décontracté. Ces artistes travaillent à partir de sons analogues, une condition sine qua non pour Érick d’Orion. «Je pense qu’une personne qui n’est pas au fait de mon travail audio et qui se présente pour la première fois à l’un de mes shows va trouver ça relativement intéressant. Il y a du rythme dans ce que je fais, et même, je te dirais qu’il y a du mouvement! C’est très gestuel! Ce n’est pas une musique statique. Elle passe d’un point A au point Z. Dans ces circonstances, une personne qui s’initie pourra y trouver son compte. Mais si quelqu’un s’imagine que j’ai un ordinateur portable parce que je suis un DJ qui fait de la musique techno… il va prendre une méchante débarque!» constate-t-il en riant.

    Point d’élitisme dans le travail du concepteur et point de compromis non plus. L’intention artistique est dans la recherche et la mise en scène sonore. Une finalité qui trouve sa raison d’être. «Il faut faire attention avec les points de repère. Si quelqu’un se met en face d’une toile de Paul-Émile Borduas pour y voir un cheval… je pense que cette personne est mal partie, elle risque d’être déçue. Mais une personne qui accepte l’abstraction et qui d’une certaine manière se dirait à elle-même: “Donne-moi-z-en d’Orion, je vais me débrouiller!”, c’est sûr qu’elle va y trouver son compte.»

    Il y a du rythme dans ce que je fais, et même, je te dirais qu’il y a du mouvement! C’est très gestuel!

    Jean Derome, Joane Hétu, Diane Labrosse, Les Poules, Danielle Palardy Roger dans Free Albums Galore

    «Review», Marvin, Free Albums Galore, 6 février 2008
    mercredi 6 février 2008 Presse

    Le GGRIL is that most cumbersome of all musical monsters, the avant-garde big band. The nature of the big jazz band is to allow improvisation over tightly structured arrangements. The big band is practically the opposite of avant-garde jazz which often respect freedom of sound over tonality, structure, or even rhythm.

    Le GGRIL is centered in Québec, Canada and walks a tightrope between the improvised and the structured. The band’s arsenal of imaginative players borrow as much from post-classical as from free jazz. Their personnel is changeable but the unusual assortment of saxes, clarinet, accordions, violins, guitar and percussion seems to be the norm. The free self titled album has four tracks. Tracks 1, 2, 4 are directed by alto saxophonist Jean Derome with Fire + Bebelle most closely related to jazz. Tracks 2 and 4 are quieter and makes good use of long tones and well placed silence. Derome’s direction and playing is center toward exploring sounds and environment more so than totally free improvisation.

    The same can be said for track 3 which is an extended 11 minute work featuring the improvisatory trio of Les Poules. Alto saxist Joane Hétu, percussionist Danielle Palardy Roger, and samplist Diane Labrosse tends to prefer long drones with free improvisation as accent. They mix well with the larger ensemble creating a well thought out atmospheric work.

    The album is available from the excellent Insubordinations netlabel in 320kbps MP3.

    They mix well with the larger ensemble creating a well thought out atmospheric work.

    Clic dans La Presse

    «Critique», Alain Brunet, La Presse, 3 février 2008
    dimanche 3 février 2008 Presse

    Investi dans une foule de projets, le Montréalais Bernard Falaise a ici réalisé son œuvre maîtresse, jusqu’à maintenant du moins. Pour ce, il a réuni un orchestre de chambre aussi consonnant qu’atypique: le trompettiste Gordon Allen, le saxophoniste et flûtiste Jean Derome, la clarinettiste Lori Freedman, le marimbiste Julien Grégoire, le batteur Jean Martin, le tromboniste Tom Walsh, lesquels se joignent au guitariste, improvisateur, bidouilleur, excellent compositeur de surcroît.

    Fin connaisseur de cette approche vaste et multipolaire qu’est celle de ladite musique actuelle, Falaise en transcende le langage dans 13 tableaux sonores variant de 55 secondes à 7 minutes 36 secondes. Les combinaisons d’instruments y sont diverses, les vapeurs qui s’en élèvent le sont tout autant: séquences viriles avec grooves couchés sur mesures composées, suites d’unités arythmiques, manipulations singulières d’objets sonores, douces déconstructions, arrangements signifiants pour vents inspirés, passages lyriques et hilarants.

    La «sonodiverstié» qui en découle et la trame narrative me semblent celles d’une œuvre des plus complètes.

    … le Montréalais Bernard Falaise a ici réalisé son œuvre maîtresse…

    Ensemble SuperMusique (ESM), Joane Hétu dans SuperMusique

    «Critique», Dyane Raymond, SuperMusique, 2 février 2008
    samedi 2 février 2008 Presse

    Trois soirs, trois concerts pour présenter Récits de neige, troisième volet du tryptique Musique d’hiver de Joane Hétu.

    La musique, elle, continue d’exister au-delà du spectacle, va plus loin. Elle ouvre l’atelier de Joane Hétu et permet d’en découvrir et d’en explorer la structure: des lieux bâtis avec force, une incroyable patience et une vision bien ancrée dans le réel, temps et espace. Comme dans Filature sa précédente composition, la musique de Récits de neige donne à voir et à entendre la complexité de la construction, l’enchevêtrement des idées, des images, des sons, des paroles. C’est une musique personnelle, au sens où elle transmet l’incroyable générosité de l’artiste dans son adresse à l’autre — l’écoute, la perspicacité, l’attention: un donné jamais posé comme certitudes, mais comme chants pour le dire, annoncer les couleurs, clamer l’amour, réclamer le juste et la paix.

    C’est une musique personnelle, au sens où elle transmet l’incroyable générosité de l’artiste dans son adresse à l’autre.

    Cordâme dans Blow Up

    «Recensione», Piercarlo Poggio, Blow Up, no 117, 1 février 2008
    vendredi 1 février 2008 Presse

    Un trio canadese d’archi colto al debutto. I temi sono composti dal contrabbassista Jean Félix Mailloux con mano sapiente e orecchie attente a quanto si ascolta ai nostri giorni. In certi passaggi pare di rinvenire echi della Penguin Café Orchestra come potrebbe risuonare oggi, immersa cioè nella temperie etnica che ci circonda. Reminiscenze classiche ben mascherate, situazioni da colonna sonora per un film esistenzialista, passi di valzer, gitanismi e profumi di musica ebraica non mancano di colorare il quadro d’insieme. Le percussioni di Pierre Tanguay aggiungono spessore e rendono concreto il tutto.

    Reminiscenze classiche ben mascherate, situazioni da colonna sonora per un film esistenzialista, passi di valzer, gitanismi e profumi di musica ebraica non mancano di colorare il quadro d’insieme.

    (juste) Claudette, Agrégats, To Continue, Plat, Visions fugitives op. 22 dans La Scena Musicale

    «Critique», Félix-Antoine Hamel, La Scena Musicale, 1 février 2008
    vendredi 1 février 2008 Presse

    Chaque nouvelle manne de disques en provenance de nos camarades de chez DAME offre sa dose de surprises. Examinons cinq nouveautés de la saison courante en provenance de cette entreprise vouée à la distribution de ces musiques inclassables. Preuve à l’appui, le second disque du violoniste-compositeur Guido Del Fabbro.

    Agrégats (AM 167 CD, ★★★) est une collection éclectique de treize miniatures — une seule pièce dépasse les six minutes — puisant aux sources du folklore européen (Le Curare et la ciguë), du rock (Las stable es stable), de la musique improvisée, électronique (Interlude résiduel) et même des marches! Dix musiciens regroupés en formations à géométrie variable composent la distribution de ce cocktail réjouissant.

    Si Bach et Debussy ont souvent fait l’objet de relectures par des musiciens de jazz, on ne pourrait en dire autant de Prokofiev, dont le contre-bassiste Pierre-Yves Martel a réarrangé 18 des 20 Visions fugitives, Op. 22. Projet ambitieux, Quartetski does Prokofiev (AM 171 CD, ★★★★) est cependant mené à bien par quatre des meilleurs jeunes musiciens de chez nous, lesquels sont, outre le bassiste, Gordon Allen à la trompette, Philippe Lauzier aux anches et Isaiah Ceccarelli à la batterie.

    Le batteur Michel F Côté, avec (juste) Claudette (AM 168 CD, ★★★) présente un quartette à mi-chemin entre les délires bruitistes de Sun Ra et les grooves à la Medeski, Martin and Wood. Solide contrebasse d’Alexandre St-Onge, sons irréels d’orgue (gracieuseté de Jesse Levine) et envolées de guitare de Bernard Falaise sont les ingrédients essentiels de ce mélange détonnant.

    De la musique du trio Fenaison (Rémy Bélanger de Beauport, violoncelle et électroniques, Charity Chan, piano «revisité» et Kris Covlin, saxophones), Fred Frith dit que c’est «une musique qui n’a pas de sens… elle vit!». Sur Plat (AM 169 CD, ★★★), les trois musiciens nous proposent une série de sept improvisations abstraites. À vous de trouver le sens… ou la vie!

    Dernier disque, mais non le moindre, le plus récent enregistrement de Jean Derome et les Dangereux Zhoms, To Continue (AM 172 CD, ★★★★), est une suite de six compositions assez élaborées du saxophoniste qui, par sa mise en musique d’un texte du sculpteur Richard Serra et de La Grenouille et le bœuf de La Fontaine, nous rappelle la démarche de l’un de ses maîtres, Steve Lacy.

    ★★★ — ★★★★ — ★★★ — ★★★ — ★★★★
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