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  • Geisteswissen­schaften dans Liability Webzine

    «Critique», Fabien, Liability Webzine, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    Depuis qu’on l’avait rencontré au sein de Morceaux_De_Machines, A_Dontigny était resté assez discret. Du moins pour nous. Aujourd’hui c’est son premier album en solitaire qui paraît et force est de constater qu’en deux ans l’homme n’a rien perdu de ses talents de manipulateur sonore. Déjà habitué à travailler avec Paul Dolden, Diane Labrosse (qui était déjà présente sur l’album de Morceaux_De_Machines) et Jon Vaughn c’est tout naturellement qu’on les retrouve ici, maltraitant la matière en ne se donnant aucune limite. Ainsi entre efforts électroacoustiques, sampling, explorations synthétiques et digressions guitaristiques A_Dontigny et ses camarades nous offrent une leçon de déstructuration musicale du plus bel effet. Certes, il n’est pas toujours facile de les suivre mais malgré la difficulté de l’œuvre on reste attiré par ce disque intransigeant et fort bien produit. Dans tout ce magma, où le contre-pied musical est roi, il y a une certaine forme de clarté qui émerge mettant en exergue une volonté tenace de ne respecter aucun code. On n’entendra alors ici aucune cohérence dans l’approche structurelle des morceaux mais c’est aussi ce qui fait sa force et sa capacité à surprendre.

    Ainsi Geisteswissenschaften laisse son auditeur toujours en éveil. Jamais il ne sera en situation de confort et devra être attentif à cette révolution permanente, aux changements de couleurs, de rythmes et, finalement, de direction. A_Dontigny (Aimé pour les intimes), aurait pu jouer l’outrance et le grand n’importe quoi pourvu que le trouble soit jeté. Au contraire on sent dans Geisteswissenschaften, malgré l’absence de règles, une tentative de ne pas sombrer dans un chaos total. Dans son apparente anarchie ce disque est bien plus subtil qu’il n’y paraît et dénote une liberté totale dans la manière d’aborder la musique, de la modeler et de lui donner un sens. Écouter ce disque n’est pas aussi surhumain que cela. Il suffit juste de porter sa curiosité un peu au-delà de ses habitudes et de l’ouvrir gracieusement à cette vision musicale hors normes.

    Geisteswissenschaften laisse son auditeur toujours en éveil. Jamais il ne sera en situation de confort et devra être attentif à cette révolution permanente, aux changements de couleurs, de rythmes et, finalement, de direction.

    Visions fugitives op. 22 dans Circuit

    «Critique», Réjean Beaucage, Circuit, no 18:2, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    Les Visions fugitives de Sergei Prokofiev, pour piano, forment un ensemble de 20 courtes pièces très introspectives dont certaines, fugitives indeed, ne durent qu’une vingtaine de secondes. Le contrebassiste et directeur musical de l’ensemble Quartetski, Pierre-Yves Martel, a choisi de transcrire ce recueil pour l’interpréter avec son quatuor de jazz contemporain. Comme un peintre qui aurait trouvé un carnet de croquis et choisi de poursuivre la démarche de son prédecesseur, Martel redessine, augmente et colore les esquisses, sans pourtant cesser de respecter le trait personnel du compositeur russe.

    Martel a évité les pièges rencontrés par Rudolf Barshai et Roman Balashov lors de leur transcription pour orchestre, dans laquelle, c’est le moins que l’on puisse dire, le côté introspectif de l’œuvre en prenait pour son rhume (voir Les Solistes de Moscou et Yuri Bashmet, chez Onyx Records, 2007). Transcrit pour trompette (Gordon Allen), batterie (Isaiah Ceccarelli), saxophones ou clarinette basse (Philippe Lauzier) et contrebasse, l’univers de Prokofiev ne perd pas au change, bien au contraire; les passages improvisés ou les techniques de jeu modernes qu’emploient les musiciens n’interfèrent jamais avec le projet du compositeur, mais l’actualisent.

    Pourquoi Martel a-t-il choisi de ne transcrire que 18 des 20 pièces, et pourquoi le disque ne nous les présente-t-il pas dans l’ordre habituel? L’absence de livret ne nous aide évidemment pas à répondre à ces questions, mais après avoir transformé jusqu’aux molécules des mélodies, ajoutant près de quarante minutes de musique à l’ensemble, le transcripteur aura peut-être voulu pousser encore plus loin son appropriation du carnet de croquis. Cela apparaît à l’écoute comme parfaitement légitime, et l’interprétation de Quartetski, qui livre la substance de l’œuvre dans un souffle des plus personnelles, est pleinement justifiée par les vers de Constantin Balmont que Prokofiev plaçait en exergue à la partition:

    «Tout ce qui est fugitif me fait voir des mondes
    Pleins de jeux chatoyants et changeants»

    Comme un peintre qui aurait trouvé un carnet de croquis et choisi de poursuivre la démarche de son prédecesseur, Martel redessine, augmente et colore les esquisses, sans pourtant cesser de respecter le trait personnel du compositeur russe.

    Scat dans The Wire

    «Review», Barry Witherden, The Wire, no 290, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    This album is the fruit of a ten year collaboration between Canadian Brady and the Brisbane based quintet Topology. Some of the pieces were written for them, others were adapted for them, such as SCAT (because we all have voices and stories to tell), which started out as a quartet piece. On a couple of tracks the group is further augmented by Brady’s guitar samples and percussion, clarinet and bassoon. Brady skilfully exploits the range of textures available from the group: for example, in the outer movements of SCAT, darting, staccato figures are passed around in different voicings and rhythmic shapes, whilst in the slow movement, in Darkness from Lightning Field and also the piece Dark Matter, long held tones intermix and modify each other. The spirit of Steve Reich dominates Illumination and the final section of SCAT, which recalls Reich’s Different Trains and City Life, where instrumental parts develop from figures that evoke everyday speech patterns. Brady includes a passage where the musicians move from indistinct general chatter to unison sentences. Energetic and entertaining stuff.

    Energetic and entertaining stuff

    Plumb dans Left Hip Magazine

    «Review», Isnor B Gordon, Left Hip Magazine, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    A satisfying 45 minutes of free improv fire music from Canada’s Lori Freedman and Scott Thomson. Freedman is one of, to my knowledge, two major Canadian bass clarinetists alongside Halifax’s Jeff O’Reilly. She has shared the stage with major players on the avant and free improv scenes — and beyond — including a noteworthy duet with fellow ‘licorice stick’ abuser François Houle. Thomson I’m not familiar with but he proves himself up to the task of brushing up against Freedman’s impressive talents with a series of squeaks, shrieks, skronks and skree that fall firmly in the category of ‘extended technique’.

    Plumb is a very dynamic session with lots of variety. At times meditative and peaceful, deeply out there, noisy, shrill, mellifluous, grating like fingernails on a chalkboard, humourous, beautiful and unapologetically dissonant — they explore all facets of their instruments and sonic possibility.

    Though Freedman is a powerful force that can really burn, she also knows when to step back and give other players a chance to shine. She does that on the third piece, Lead, letting Thomson take a solo flight for the whole track. Very nice piece.

    Fans of abstract free improv in that gray zone between jazz and contemporary classical will love Plumb. An excellent release from new label Barnyard. Let’s hope they continue to put out albums of this calibre and they’ll make a fine addition to the Canadian musical landscape alongside labels like Jesse Zubot’s Drip Audio.

    Plumb is a very dynamic session with lots of variety. At times meditative and peaceful, deeply out there, noisy, shrill, mellifluous…

    Scat dans Blow Up

    «Recensione», Piercarlo Poggio, Blow Up, no 119, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    Musica da camera per quintetto che si offre all’ascolto con grande forza di persuasione. I Topology vengono da Brisbane e andando per approssimazione li possiamo paragonare al Bang On A Can. Tim Brady, compositore canadese, ha pensato o rivisto appositamente per loro quattro suoi brani, pervasi da un atteggiamento per lo più “aggressivo” nei confronti della materia sonora, il che richiama qui e là esperienze della musica improvvisata. La scrittura di Brady risente della sua formazione anche accademica e si muove tra vari “ismi”, senza rinunciare a pescare in forme attuali di elettroacustica. Archi, fiati e pianoforti sono così di tanto in tanto tenuti ad accoppiarsi con nastri e sampler, con risultati più che buoni. (7/10)

    Musica da camera per quintetto che si offre all’ascolto con grande forza di persuasione.
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    Visions fugitives op. 22 dans Blow Up

    «Recensione», Piercarlo Poggio, Blow Up, no 119, 1 avril 2008
    mardi 1 avril 2008 Presse

    Sergei Prokofiev (1891-1953) fra espatrii, ritorni, stroncature feroci e medagli al valore trovò il tempo di scrivere molte pagine di musica da camera tra cui si possono ritenere i quartetti per archi, i Sarcasmi op. 17 e le Visioni fuggitive op. 22, in origine pensate per il pianoforte, ma spesso e volentieri trascritte nella seconda metà del Novecento per ampi ensemble. Il Quartetski di Gordon Allen (tromba), Isaiah Ceccarelli (batteria), Philippe Lauzier (sax e clarinetti) e Pierre-Yves Martel (contrabbasso) va ancora un passo oltre e si lancia in una rivisitazione jazzistica. Della composizione originaria, scritta da Prokofiev nel 1917, non proprio un anno qualunque, rimane l’agitazione di fondo, la sovversione ritmica, i fitti cambiamenti di colore e umore, resi dal Quartetski con molta attenzione e partecipata adesione. Il suono d’insieme non è mai esageratamente ostico e in particolare la tromba si ingegna di isolare gli attimi di introspezione onirica. In sostanza, esperimento riuscito, ma non abbiamo ben compreso perché anziché venti, come dovrebbero essere, i quadretti prokofieviani sono solo diciotto. (7/10)

    … esperimento riuscito…
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