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  • Idiolalla dans The WholeNote

    «Review», Andrew Timar, The WholeNote, no 12:2, 1 octobre 2006
    dimanche 1 octobre 2006 Presse

    While I couldn’t find the intriguing sounding title word Idiolalla anywhere, I did however uncover the neologism “idiolalia”, which arose recently from “idio”: personal, distinct, private, peculiar, and “lalia”: speech; therefore “idiolalia”, meaning a private or unique form of speech.

    On this CD, the two singers, DB Boyko and Christine Duncan, no strangers to the exploration and extension of vocal limitations, certainly make good use of idiolalia. Jean Martin, the polished jazz percussionist impresses us with his free improv chops and fine musicianship.

    On first listening, the sheer range of vocal utterance astonishes, what with lightening quick switching between vocables and effective presentation of many extended vocal techniques. On the other hand, it did take me a while to relax with this mix of Dadaist-inflected aesthetics (which was originally designed to poke fun and agitate) and (much) nonsense language. Except when used in touches of irony, don’t expect to hear belle canto singing here!

    There is more to this music than virtuoso exploitation of avant-garde vocalism. The lack of intelligible lyrics (much of the time) doesn’t impede the singers’ ability to sound in turn lyrical, childlike, declamatory, menacingly silly, hysterically scary or amazingly like Inuit throat singers. Just when one imagines they have run the gamut of emotional set-pieces, they pull out a comically operatic bit, including wicked Pagliacci laughter.

    Stay with it. This CD rewards repeated listening and reveals initially hidden structural elements and an adventurous and playful soul.

    Chansons de la belle espérance dans The WholeNote

    «Review», Tiina Kiik, The WholeNote, no 12:2, 1 octobre 2006
    dimanche 1 octobre 2006 Presse

    “Now that was good!” These are my first thoughts after listening to Pierre Cartier’s release of self-described “French love songs”. Cartier’s compositions set to Quebec poetry, his bass playing, his own lyrics, and his singing (especially the endearing way he struggles to capture some of the high notes) combine to make this musically intriguing disc fun to behold. The excellent band is comprised of some of Montréal’s finest jazz performers — Jean Derome on alto sax and flutes, Jean René on viola, Tom Walsh on trombone, Bernard Falaise on guitar and Pierre Tanguay on drums.

    The seven selections have elements of both jazz and musique actuelle but also encompass a variety of musical styles. An almost Las Vegas style sentiment surfaces in Il nous aurait fallu while La chanson de Marie is almost simultaneously an Irish jig and an Eastern European dance. My favourite, Mirabeau, using a text of Guillaume Apollinaire, begins in a fugal manner, then moves more upbeat, and closer to the end almost becomes a 1970s rock anthem with its screeching guitar solo. Cartier’s vocals are the glue that holds the works together throughout.

    The bilingual French and English liner notes describe Cartier’s ideas behind each piece, though my high school French leads me to wish the lyrics also had an English translation. This is a moot point however — the music would be a welcome backdrop to any drive in the country or dinner affair. I’ll leave the final words to Pierre Cartier — “And if we may say that sometimes love is blind, how could we ever imagine love being deaf?” Touché!

    Now that was good!

    Ravir, Simoneda, reine des esclaves dans Agartha

    «Recensione», Ruggero Formenti, Agartha, 26 septembre 2006
    mardi 26 septembre 2006 Presse

    Dischi con un sound tipicamente “Ambiances Magnétiques”, Ravir (1985) e Simoneda, reine des esclaves (1988) opera delle Wondeur Brass, possono essere descritti come avant-RIO di chiara matrice francofona, con qualche suono sintetico di troppo (specialmente nella ritmica) dovuto probabilmente all’epoca a cui i due lavori risalgono, alcune buone idee, purtroppo non sviluppate con quell’inclinazione progressiva a noi tanto cara, dei frammenti di musica accomunabili a certe cose dei Miriodor (che, comunque, nella loro massima espressione rimangono su di un altro pianeta…), voce ed interpretazione femminile in classico RIO stile, del rumorismo (moderato) ed un tessuto talvolta minimale… che altro posso aggiungere? Voi che ci leggete (…tutti quanti voi tre) avete già ampiamente capito di che si tratta e cosa aspettarvi esattamente da questi due pezzi di plastica (e sì, di vinile trattasi …ancora in vendita, facilmente ed economicamente reperibile, ma pur sempre vinile: per il sottoscritto un fatto negativo, per qualcuno di voi, lo so, uno stimolo in più… ). Qualche altra informazione utile: dalle ceneri delle Wondeur Brass sorsero poi le Justine, di cui consigliamo entrambi i due lavori editi nel 1990 e nel 1994, rispettivamente intitolati Suite e Langages fantastiques. Esiste una compilation in cd delle Wondeur Brass contenente buona parte dei due vinili e qualche pezzo di un’altro gruppo correlato, Les poules, composto da tre ex membri delle Wondeur Brass che nel 1986 pubblicarono Les contes de l’amère loi e più di quindici anni dopo Prairies orange. Quel che vi ho raccontato non è sufficiente per decidere o meno l’acquisto? … Se avete i due lavori delle Justine e vi piacciono, procuratevi anche i due vinili delle Wondeur Brass, se non li avete, partite dai cds delle Justine, se conoscete i lavori delle Justine e non li apprezzate, evitate anche le Wondeur Brass.

    Steve Reich: Different Trains dans emoRAGEi

    «De zéro à disque», Nicolas Pelletier, emoRAGEi, 8 septembre 2006
    vendredi 8 septembre 2006 Presse

    Le Quatuor Bozzini est un prolifique ensemble de cordes entièrement féminin. [sic] Spécialisées dans l’interprétation des compositeurs classiques de notre temps, les musiciennes s’attaquent cette fois à l’Américain Steve Reich, un pionnier du minimalisme et de l’utilisation de motifs répétés. Le créateur du «loop», pourrait-on dire. Reich a aussi le mérite d’avoir intégré des bandes pré-enregistrées à ses œuvres, ainsi qu’à avoir élargi son champ d’action jusqu’à un opéra-vidéo en 2002. L’œuvre Different Trains date de 1988. Il s’agit de la superposition de plusieurs quatuors à cordes et de bandes où des bouts de phrases sont répétés. Le tout évoque les voyages en train que faisait Reich enfant, au début des années 1940, entre NYC et LA. Étant juif, il réalise par après la chance qu’il a eu d’être né en Amérique. En Allemagne, son voyage ferroviaire aurait sans doute été un aller simple vers la mort… Le Quatuor Bozzini en fait une interprétation magistrale, recréant les différents bruits d’un train avec leurs violons. Une œuvre hypnotique et impressionnante. Une fascinante réflexion humaine.

    Songs of Place dans Octopus

    «Du processus à la cité sonore (3e partie): Le lieu en soi, d’après Songs of Place de Steve Heimbecker», Philippe Gimet, Octopus, 1 septembre 2006
    vendredi 1 septembre 2006 Presse

    Nouvelle étape dans notre voyage au cœur des mondes de l’art et du renouvellement du répertoire formel, Songs of Place est une série de portraits sonores de lieux urbains ou ruraux (Halifax, Montréal, Vancouver) entamée en 2000 par l’infatigable Steve Heimbecker. Œuvre fleuve, elle se poursuit au gré de ses déplacements, souvent motivés par des invitations ou des résidences d’artiste au Canada. Songs of Place a été réalisé dans le cadre d’une résidence à Oboro, acteur incontournable et atypique de la scène montréalaise, pour paraître au printemps 2005. Utilisant de multiples enregistrements réalisés sur une courte période de temps, ces œuvres visent à capturer l’espace sonore propre à un lieu, de manière à révéler le lieu en soi. Un voyage au cœur de la résonance physique du lieu, un voyage intérieur qui transcende le sensible.

    La série Songs of Place est aussi difficile à catégoriser que Steve Heimbecker lui-même. Il s’agit d’une œuvre d’art visuel et sonore qui engage pleinement les sens et la sensibilité du public. Nous sommes ici à la croisée de la composition électroacoustique, du paysage sonore et de l’écologie acoustique, du montage vidéo et de la sculpture sonore. Amis de la catégorisation, bon courage! Steve Heimbecker est la parfaite illustration du principe nietzschéen, selon lequel la vertu salvatrice d’un parcours ne peut se trouver que dans le zig-zag.

    Originaire de la province de Saskatchewan, Steve Heimbecker a reçu une formation en beaux-arts au Alberta College of Art and Design (Calgary, Canada). Sans pour autant délaisser ses intérêts pour la dimension visuelle, ou plus précisément spatiale, de la création, il a principalement axé sa pratique sur la dimension sonore. Heimbecker s’intéresse à l’effet sculptural du son et se définit lui-même comme un sculpteur sonore. Reconnu pour ses créations dans le domaine de l’art audio et de la musique électroacoustique, il a également réalisé plusieurs sculptures et installations intégrant des composantes sonores ou des dispositifs générateurs d’éléments sonores de son invention.

    Les installations d’Heimbecker sont liées à la tradition très riche des concepteurs d’instruments alternatifs et de systèmes de production sonores, remontant aux expériences des futuristes et des dadaïstes. Ainsi en 1996, une exposition personnelle intitulée Soundpool: The Manufacturing of Silence est présentée à la Illingworth Kerr Gallery du Alberta College of Art and Design. Installation interactive à caractère fantaisiste, on pouvait y voir et entendre huit peintures de grand format fonctionnant également comme haut-parleurs. Activée, l’installation enveloppe le public avec une vibration de trois hertz, inaudible mais perceptible par le corps, dans une cacophonie de bruit de moteurs et de machinerie. Cette installation a été par la suite présentée à Montréal (2001), Québec (1996) et Edmonton (1996).

    Dans le cadre de l’exposition et de la conférence internationale «The Tuning of the World», tenue au Banff Centre et au Nickle Arts Museum de l’University of Calgary, et inspirée du livre éponyme de R Murray Schafer, Heimbecker crée l’installation The Acoustic Line as the Crow Listens (1993) qui explore les qualités acoustiques d’espaces extérieurs souvent très vastes. Pour la réalisation de cette œuvre, l’artiste qui est aussi membre fondateur du World Forum for Acoustic Ecology, effectue des enregistrements simultanés en huit points sur une distance linéaire de 1,5 km dans le but d’élaborer une «cartographie sonore» et de créer une expérience auditive riche sur le plan spatial, en utilisant la vitesse du son dans un environnement naturel comme un événement sonore susceptible d’être enregistré et donc joué par après.

    À la même époque, Heimbecker met au point des techniques de mixage de sons directs et préenregistrés pour diffusion en quadriphonie et en octophonie sur un système multipiste de son invention. Une série de concepts tels que le «bassin sonore» (soundpool), la «navigation sonore» (sound sailing), et la «cartographie acoustique» (acoustic mapping) résultent de ces techniques, qui enveloppent l’écoutant d’une matière sonore riche. Ces techniques s’inscrivent dans la lignée de la musique concrète, à la suite de pionniers tels que Pierre Schaeffer, qui utilisait des sons enregistrés dans l’environnement pour créer des œuvres.

    Songs of Place est une œuvre qui mérite une immersion totale, car même s’il s’agit du déroulement normal de la vie tous les jours de lieux en soi, les portraits qui en résultent sont loin d’être insignifiants. Le quotidien y devient plutôt extraordinaire lorsque rendu audible à une pareille haute résolution. Les deux DVD présentent en effet quatre portraits vidéos et sonores multiphoniques de lieux: Halifax, Montréal, Vancouver et Springwater, Saskatchewan. Ils ont été réalisés avec des techniques d’enregistrement et de production quadriphoniques. Le principe repose sur l’application pour chaque lieu du système cartographique mis au point par l’artiste, pour identifier un point central et une circonférence géographiquement déterminés. Suivant les points cardinaux, huit à dix points d’enregistrement équidistants sont choisis le long du cercle ainsi défini et un enregistrement audio omnidirectionnel et quadriphonique est fait de chaque point. L’image et la vidéo, elles, sont tournées vers l’extérieur sur le pourtour du cercle aux endroits mêmes où la partie audio est enregistrée. Nous sommes donc au cœur de l’interface au sens kantien du terme.

    Ainsi, le système fonctionne essentiellement comme la partition d’une composition faisant à la fois à appel à l’intention artistique et à l’aléatoire. Les emplacements d’enregistrement sont tous des lieux publics extérieurs: rues, intersections, parcs, rives. L’espace ainsi cartographié offre une organisation et une expérience temporelle complexes, une mise en espace qui révèle ce que nombre de démarches tentent en vain d’obtenir: l’expression du lieu en soi, la révélation de l’identité et du patrimoine sonore de nos espaces publics.

    Ces portraits sont au fond des méditations sur les courants qui animent les lieux tout en permettant au public de changer continuellement de points de vue parmi leurs multiples subjectivités, avançant le long de la circonférence de l’espace cartographié et entre la périphérie et le centre. Par moments nous sommes immobiles mais pas statiques, oscillant entre l’immobilité et le mouvement. Tout comme la marche est une curieuse fuite en avant formulée par la danse du déséquilibre, Heimbecker nous offre avec Songs of Place la possibilité de comprendre les courants multidimensionnels d’un lieu et ses œuvres en général se caractérisent peut-être mieux avec l’analogie de la quadrature du cercle. Les huit points de la diffusion octophonique suggèrent un cube, soit un son immersif vécu dans quatre dimensions (la quatrième étant le temps). Nous nous trouvons ainsi submergés dans un bassin de sons et dans la résonance du lieu, une expérience sensible hors du commun qui nous plonge dans un univers musical d’une sérénité rare. Finalement, la grande victoire de Steve Heimbecker, celle qui fait de Songs of Place une œuvre remarquable et significative, c’est de parvenir à procurer une satisfaction de savoir et de découverte faite de temps qui s’écoule et de temps en suspens, de chant audible et visible.

    … une œuvre remarquable et significative…
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