Les oreilles du collectif montréalais croisent parfois d’étranges personnage, lesquels n’ont a priori que peu de liens avec les musiques dites “nouvelles”. Déjà en 1999, on nous présenta un succulent poéte, Patrice Desbiens (Les moyens du Bord AM 065). Avec Paul Grégoire, nous avons affaire à un artiste multidisciplinaire. Sculpteur, écrivain, chroniqueur, à l’aise dans un humour reflétant entre autres des réflexions sur la société avec un brin de noirceur, notre bonhomme est aussi performeur (cf. une installation “hippique” dans un salon intitulé L’urbaine urbanité). Auteur d’un recueil de petites histoires plus ou moins autobiographiques et parues initialement sous forme d’un hebdomadaire (Le p’tit Grégoire: l’œil de l’ours qui louche), il participe aussi à des formations musicales diverses, teintées de jazz (lui-même joue du saxophone). Douleur sourde reprend en partie le répertoire des groupes dans lesquels il se produisit dans les années 90, agrémenté de pièces plus récentes et bénéficiant d’un accompagnement instrumental fournit notamment par Jean Derome, René Lussier, Michel F Côté, Fred Boudreault. L’ensemble est quelque peu kitsch, repose parfois sur des airs connus revisités par des textes originaux (ainsi, TiMinou sur l’air de Only You, Le Petit Chat sur une musique de Dylan…) souvent délirants, parfois égrillards, toujours tendres (Qu’cè doux, qu’cè doux).