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  • Asymétries dans ImproJazz

    «Critique», Guillaume Tarche, ImproJazz, no 98, 1 septembre 2003
    lundi 1 septembre 2003 Presse

    L’escapade suisse consignée sous l’intitulé Asymétries témoigne (en quatre volets et 38 minutes) de la rencontre, durant l’été 2001, de Bertrand Denzler (ts) avec Hans Koch (bcl, ss). Ce dernier avait participé, il y a une quinzaine d’années, à une autre série de duos gravés pour l’étiquette FMP (avec Fuchs, Parker et Sclavis: Duets Dithyrambisch, 1989,)… et il apparaît bien qu’on ne joue plus de saxophone aujourd’hui comme on le faisait à l’époque; ce disque me semble en effet rendre compte d’une tendance contemporaine des plus riches, subtiles et absorbantes. Souvent à la limite de l’émission sonore (ou plutôt réinventant cette notion même), les deux souffleurs se placent dans l’air; toutes les ressources (les moins conventionnelles — mais qui a établi ce qui devait sortir des pavillons dorés?! Voyez plutôt l’inventaire-bestiaire des possibilités du saxophone ténor dressé par Denzler dans Improjazz n° 97, juillet & août 2003, page 10) sont convoquées, sans déballage intempestif, avec une admirable énergie concentrée et l’on reste ébahi à l’audition des dynamiques et profondeurs insoupçonnées de cette musique de musique, chuchotée, au plus près de l’oreille, du plus près du corps des instruments.

    … une admirable énergie concentrée et l’on reste ébahi à l’audition des dynamiques et profondeurs insoupçonnées…

    Danielle Palardy Roger dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Le bruit, sans fureur», Guy Marceau, SOCAN — Paroles & Musique, no 10:3, 1 septembre 2003
    lundi 1 septembre 2003 Presse

    Danielle Palardy Roger est une battante de la musique actuelle. Même au banc de sa batterie, baguettes en main, la musicienne, compositrice, improvisatrice et productrice est mue par une force tranquille: celle des artistes qui n’ont d’autres choix que de faire ce qu’ils font tellement leur vocation est viscérale. À 54 ans, sous des cheveux bouclés en bataille et derrière des yeux d’un bleu profond, la rebelle est encore fidèle au poste et poursuit son travail de pionnière qui a mis la musique actuelle sur la carte québécoise.

    À 27 ans, forte d’une créativité qu’elle déployait déjà en arts visuels, Danielle Palardy Roger s’est remise à la pratique artistique après avoir tourné le dos à l’académisme contraignant des arts appliqués. «À la suite d’une rencontre avec des musiciens d’avant-garde, j’ai décidé de plonger en musique, même si je n’avais pas de formation académique. Et justement, c’est en abordant ce nouveau monde sans cadre précis que j’ai pu explorer et développer ma créativité avec l’improvisation.»

    Danielle Palardy Roger jouait des «drums» dans une fanfare, ce qui explique le choix de son instrument de prédilection, la batterie (et les percussions). «Je pouvais exprimer les rythmes et les sons, et il y a des rapprochements à faire avec la peinture comme le tachisme, l’automatisme et tout l’art du mouvement. Mais ce qui me portait et me porte encore, c’est l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.» Le résultat: d’étonnantes fresques sonores, bruitistes, exploratoires, souvent minimalistes mais qui ne laissent pas indifférent. Le bruit, sans fureur.

    Pionnière dans l’aventure

    Évidemment, Danielle Palardy Roger n’était pas seule dans l’aventure. «Au début des années 80, on parlait peu du vocable ‘musique actuelle’. En Europe, on disait plutôt musique de traverse ou improvisée. Avec notre premier vinyle (du groupe Wondeur Brass), on s’est aperçu qu’on s’inscrivait dans un courant qui se précisait de plus en plus, porté par les musiques de Jean Derome, René Lussier, André Duchesne, Joane Hétu et Diane Labrosse. Ces deux dernières sont directrices artistiques de SuperMémé (devenu SuperMusique), une société de concerts fondée avec elle en 1979. Tout ce beau monde s’est regroupé pour fonder ensuite l’étiquette de disques Ambiances Magnétiques (aujourd’hui représentée par DAME), premier pas important pour la diffusion des musiques de la jeune scène actuelle au Québec. Et, presque simultanément, naissait le Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

    En 25 ans, plusieurs aventures, en concert et sur disque, ont ponctué le parcours de la musicienne et de ses alliées des premières heures: le trio Les Poules et Tricotage, un duo récemment formé avec la contrebassiste française Joëlle Léandre, sans compter tous les collectifs bruitistes et concerts thématiques avec de grands noms de la musique actuelle ainsi que les tournées internationales et nationales. Et des événements majeurs, tel le premier Festival international des musiciennes innovatrices, ont beaucoup contribué à la cause des femmes dans l’industrie musicale. De plus, Danielle Palardy Roger est l’auteure d’une vingtaine de compositions, pour musique écrite ou improvisée dont la Symphonie portuaire 2001, le livret et la musique du conte pour enfant L’Oreille enflée (1994), des musiques pour la danse, ainsi que de nombreux ducs, trios et quatuors pour divers instruments. Tout ça, un peu dans l’ombre…

    Un long pèlerinage

    Il faut avoir la vocation pour évoluer dans un courant plutôt «underpround» qui n’est pas précisément populaire. Mais les petits pas gagnés sont pour Danielle des pas de géant. Aujourd’hui, en plus de ses activités d’artiste, elle est notamment vice-présidente du Conseil d’administration du Conseil québécois de la musique et vice-présidente du Conseil régional du Centre de musique canadienne au Québec. Un lieu privilogié pour faire bouger les choses.

    «Dans tous les courants de la musique d’aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer, le développement du public est difficile. Tout le monde peut dire qu’il a entendu parler de musique actuelle mais ça ne veut surtout pas dire qu’on en consomme ou en écoute. C’est la reconnaissance de ces musiques qui pose problème et c’est en partie à cause du peu d’appuis à la diffusion de nos radios commerciales et d’État. Le public accuse un grand retard dans la perception des arts sonores, alors qu’il a pourtant bien absorbé l’éclatement des arts visuels. Je l’explique par la difficulté du corps à absorber le son qui fait écho jusque dans les viscères, un son qui déstabilise et dérange plus l’organisme qu’une image choquante.»

    Danielle affirme que le jeune public est celui de l’avenir pour la musique actuelle. «Il est ouvert, très réceptif et démontre beaucoup d’intérêt et d’aptitude pour le genre. Et même dès l’enfance. Joane Hétu et moi donnerons d’ailleurs un atelier d’improvisation à des élèves du primaire à l’École Maisonneuve (Hochelaga-Maisonneuve) où ils composeront une pièce avec la technique d’improvisation.»

    Parmi ses nombreux projets, Danielle écrit présentement Bruiducoeur, un oratorio de plus d’une heure pour chœur, solistes et narrateurs qui sera présenté à l’Espace Go au printemps 2004. Mentionnons aussi la composition d’une partition graphique pour l’ensemble SuperMusique (ensemble à géométrie variable) en vue des Journées québécoises de la musique improvisée en février prochain, et une tournée aux États-Unis et en Espagne avec le trio Les Poules au cours de l’automne. Un vœu pour l’avenir? «Avoir plus de temps pour rêver, composer et créer.»

    Pour Danielle Palardy Roger, le temps est précieux et compté. Sa vie est réglée comme du papier à musique et pas question d’en perdre une seconde. Autrement, elle ne serait pas où elle est aujourd’hui. La situation de la musique actuelle au Québec est encore une de ses principales préoccupations. Voilà certainement un enieu de taille dans le travail de la musicienne, enjeu qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

    … l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.

    Nous perçons les oreilles dans The Squid’s Ear

    «Big Sound in a Small City», Kurt Gottschalk, The Squid’s Ear, no 13, 1 septembre 2003
    lundi 1 septembre 2003 Presse

    […]Hétu on alto and vocals, Derome on alto, flute, bass flute and an array of sound-making devices, both singing and vocalizing, their songs (sung in French) were miniature portraits of domesticity and getting along, imparting a feeling of cooking dinner while the news plays in the next room. Intimate enough as to simply breathe into the microphone and through the saxophone. And jazz being the macho business that it is, you have to appreciate a guy who’ll go onstage and play patty-cake with his wife.[…]

    … you have to appreciate a guy who’ll go onstage and play patty-cake with his wife.

    Nous perçons les oreilles dans Signal to Noise

    «Review», Mike Chamberlain, Signal to Noise, no 13, 1 septembre 2003
    lundi 1 septembre 2003 Presse

    Speaking of intimacy, Jean Derome (reeds, flutes, small instruments, voice) and Joane Hetu’s (reeds and voice) presentation of Nous perçons les oreilles was a touching musical portrait of family intimacy presented by two confident and mature performers who invested every ounce of wit and playfulness at their disposal. This was one of those performances that did not hit one over the head at the time but resonated long after.

    This was one of those performances that did not hit one over the head at the time but resonated long after.

    Quatuor Bozzini dans Le Devoir

    «Naissance d’une grande œuvre», François Tousignant, Le Devoir, 29 août 2003
    vendredi 29 août 2003 Presse
    … lors de l’écoute, l’oreille s’émerveille de se sentir si intimement transportée.
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