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  • Le temps des bombes dans Le Devoir

    «Une cuvée magnétique», Mario Cloutier, Le Devoir, 20 septembre 1997
    samedi 20 septembre 1997 Presse

    La maison de disques Ambiances Magnétiques continue son travail inlassable de promotion de la musique actuelle québécoise, incontournable, urgente, de plus en plus ouverte, tentaculaire. Au début de l’été, la petite étiquette indépendante dirigée avec flair et de main de maître par Joane Hétu nous a proposé un éventail éloquent de son savoir-faire, une panoplie éclatée et éclatante des sentiers multiples explorés depuis plus de dix ans par les créateurs québécois de sonorités inventives et inusitées. Cinq disques: une réédition sur compact, un inédit, une œuvre radiophonique, une compilation et une nouveauté d’un quatuor international composent cette magnifique — salade d’été, qui reste toujours verte, démontrant notamment la renommée des nôtres dans un domaine où l’on n’est jamais prophète, pas plus que l’on ne faits de profits, en son pays.

    Jamais à la mode, jamais démodé, pourrait-on dire d’André Duchesne en écoutant ce disque pré-Locomotive et post-Conventum. Sorti en 1984, Le Temps des bombes n’a pas perdu de sa pertinence à une époque où l’absurde tue toujours: en Algérie, en Israël ou sous le pont de l’Alma. «Comment voulez-vous qu’un homme qui était là par hasard ait l’air tranquille et relaxe?», demande fort justement le guitariste. Moins rock et plus Kurt Weill, ce disque qui tombe aussi bien qu’une bombe procède d’une acuité sans pareille dans le regard et dans le verbe. Sans violence mais avec précision, Duchesne sait tourner le fer dans notre paix d’Amerloques français. Sa nourriture musico-poétique paraîtra indigeste aux dictateurs des ondes radiophoniques commerciales, mais, pour les aventuriers des «chansons à texte», elle laisse agréablement trotter, longtemps après l’audition, tout plein de points d’interrogation dans notre cervelle ankylosée. «Quand viendra le temps des bombes papa, est-ce qu’on pourra encore sortir dehors?»

    Ce disque qui tombe aussi bien qu’une bombe procède d’une acuité sans pareille dans le regard et dans le verbe.

    Navré dans Coda Magazine

    «Review», Stuart Broomer, Coda Magazine, no 275, 1 septembre 1997
    lundi 1 septembre 1997 Presse

    Lussier serves as the major sideman

    With Jean Derome’s sextet, Les Dangereux Zhoms, on Navré. This group, playing compositions by the leader, specializes in odd sounds. The opening notes of the first tune, Anchive, resemble the cacophony of various farm animals. Such sounds continue more or less throughout the piece being solos by the leader on altosaxophone and by bassist Pierre Cartier. The next selection begins with flatulent sounds which may or may not have an anti-Nazi meaning— because of the title, Munich —akin to that by Spike Jones on Der Fuehrer’s Face, a possibility reinforced by the title of the next composition, Train pour Nuremberg, which includes a brief but ironically poignant allusion to reveille. Animal and flatulent sounds recur throughtout this CD, especially on Casse-cou, which seems an exercise in goofiness.

    Pantin evokes a Spanish feeling, while Lindau brings to mind Scottish music. The leader excels on the most traditional of his compositions. The shifting moods and tempos of the impressionistic and occasionally ruminative Navré remind me of some of Carla Bley’s compositions for the Liberation Orchestra in the late 1960s.

    I applaud this group’s effort because Derome succeeds in creating new sounds. If I had to express reservation about this music, however, I would say that some of it does not seem entirely serious.

    Ayaya Moses dans Cadence

    «Review», Michael Rosenstein, Cadence, no 23:9, 1 septembre 1997
    lundi 1 septembre 1997 Presse

    For his enlire career, Fred Frith has effectively bridged (or maybe just turned his back on) the gaps between rock, improvisation, composition, folk musics, and anything else that caught his fancy. He has continually forged intriguing combinations and syntheses, whether in his own playing, or in compositions he has written for olhers. Though released under his leadership, for this recording Frith has joined with three equal, like-minded guitarisis for a meeting that draws on antiphonal compositions, free improvisations, skronking guitar blasts and delicate interactions. Compositions by Olivia Bignardi and Claude Vivier, along with pieces by each of the members are woven into a suite-like whole with short collective interludes. The notion of an eleciric guitar quartet brings immediate visions of a bombastic blowout, but each of these players brings both a personal voice and sensitivity to the proceedings. The four effectively wend their way through the 7 pieces and 7 entree acts, moving from intricate counterpoint to slashing bluster with concentrated precision. Each of these players has developed an improvisational voice that blends rock vocabulary and electric squalls with flowing articulations, free electronic abstractions, and a strong Iyrical sense. The centerpiece here is certainly Claude Vivier’s Pulau Dewata. “Vivier is a Québécois composer whose work incorporates massed voicings, insistently repeated rhythms, quirky melodic fragments, and textural juxtapositions for a music that builds elegant structural depth from what seems disarmingly simple on the surface. The four decipher the piece with poised energy, stepping quietly through hushed sections of simple looping, rhythmic paltems that ring like gamelan music, then attack percussive punctuations with chiming vigor. In the hands of these four, the grouped electric guitars move from organ-like, hovering chords, skittering collective interplay, and massed rock squall as the pieces are threaded together, flowing from one to the other. These four are opening up the possibililles for electric guitar through intriguing compositions, thoughtfull improvisations, and keep group interaction.

    Ayaya Moses dans Rock & Folk

    «Critique», Rock & Folk, no 361, 1 septembre 1997
    lundi 1 septembre 1997 Presse

    lls sont quatre, René Lussier, Nick Didkovsky, Mark Stewart et donc Fred Frith à s’être enfermés en studio à Montréal en novembre et décembre derniers pour enregistrer pour Radio Canada, la musique du film La manière des blancs de Bernard Hémon. Les fans de Frith familiers de l’exercice aimeront ces courtes pièces naïves qui, pour monopoliser nombre des ressources imaginables de la guitare électrique (sustain, delay, effets de médiator ou bottleneck), se coulent dans des formats classiques pour les subvertir de façon souvent très provocante. Le tout derrière une apparente désinvolture et avec de plus une vision d’auteur qui tranche avec la manière plus directe et assurée d’un Marc Ribot. Deux pièces n’ont pas été écrites par le quatuor: Pulau Dewata signée Claude Vivier et influencée par le gamelan, la musique japonaise et persane et caractérisée par un emploi abondant de l’homorythmie, une absence de contrepoint et l’utilisation d’une langue syllabique imaginaire, et Uruk’s Tablets, d’Olivia Bignardi clarinettiste membre de Fastilio, du Laboratorio di Musica e Imanine ainsi que de l’Ensemble Eva Kant. Pour fondus de Frith quasi exclusivement.

    volume 2: Hourra pour la bastringue, Ambiances Magnétiques dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 33, 1 septembre 1997
    lundi 1 septembre 1997 Presse

    Bon, ce n’est qu’une compilation, qui, comme la précédente, offre un panorama des productions du label québécois. N’y cherchez pas l’inédit encore que… y figurent quelques pièces issues de parutions à venir (je pense notamment à Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? (Lepage) et aux 3 musiques pour UBU (Derome), de quoi se mettre en appétit. C’est d’ailleurs le rôle d’un tel recueil, et ceci d’autant plus qu’il est proposé à un tarif réduit. Avis aux a(ni)mateurs: offrez le à vos auditeurs les plus fidèles!

    … offrez le à vos auditeurs les plus fidèles!

    Ayaya Moses, Fred Frith, René Lussier dans Revue & Corrigée

    «Critique», SPO, Revue & Corrigée, no 33, 1 septembre 1997
    lundi 1 septembre 1997 Presse

    Quatuors de cordes, de saxes, de percussions… et maintenant de guitares électriques! Ce disque n’est pas la premiere tentative mais elle fera date, soyez-en sûrs. Au début du siècle, Edgar Varèse déclarait que le violon n’exprime plus notre époque, en 1997 serait-ce la guitare électrique qui a pris le relais? of course. Ici ça s’entend!

    Sons doux, ténus, presque silencieux, mais aussi rageurs, rapides et frénétiques nous palpitent aux oreilles dans les compositions collectives, individuelles ou d’autres musiciens. Frith, Didkovsky, Stewart et Lussier sont grands! La variété sonore est telle qu’une seule écoute ne suffira pas: les pieces sont courtes, ramassées, d’une grande densité et vont bien au-delà des improvisations (certes sympathiques) entendues le plus souvent. Oubliez également le disque Quartets (1994) de Frith, sa pièce ici est bien plus forte. A écouter!

    Ce disque… fera date, soyez-en sûrs.
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