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Fanfare alternative
L’OPP est une joyeuse bande de ventistes spécialisés dans les cuivres
Vous les avez peut-être entendus hier, sur l’esplanade de la Place des Arts, lors de votre sortie journalière pour le lunch du midi. Si vous n’avez pas aimé, c’est que vous êtes particulièrement difficile. L’Orchestre des pas perdus est une fanfare. Mais pas n’importe laquelle. Elle se proclame elle-même alternative, cette fanfare. Et on la suit dans cette nomenclature. Impossible de s’ennuyer avec cette fanfare composée de ventistes, cinq au total, et d’une batterie.
Pour résumer rapidement, l’OPP (pour les intimes), c’est un projet que Claude St-Jean partage avec cinq de ses collègues musiciens, aux vents pour la plupart. St-Jean, peut-être le connaissez-vous sous le nom de l’autre groupe avec lequel son temps est partagé, Les Projectionnistes. Non
L’OPP est une joyeuse bande de ventistes spécialisés dans les cuivres et qui se sont donné comme mission de dérider dans la plus sérieuse des démarches. Les tounes que joue le sextet viennent des influences du jazz, du blues, des musiques juives et des éléments ska. En ce sens, elles peuvent paraître familières. Pourtant, elles viennent toutes de la plume de compositeur de St-Jean. L’OPP, c’est du matériel original. Leurs deux albums, sous étiquette Ambiances Magnétiques, en témoignent avec joie
Guigueux
Qu’on se le tienne pour dit
L’OPP est un orchestre de rue, mais pas exclusivement. Ils reviennent du Portugal, des States et du reste du Canada. La tournée l’a mené dans les salles. Hier, le concert était acoustique, d’autres seront amplifiés.
Pour chacun de ses concerts, l’OPP ajuste ses flûtes et puise dans son répertoire d’une trentaine de tounes originales.
Un troisième album est envisagé. Le trombone de St-Jean côtoie le sax ténor de Roberto Murray, le sax alto et piccolo de Jean-Denis Levasseur, Maxime St-Pierre à la trompette, Jean Sabourin au sousaphone et Rémi Leclerc à la batterie. Tous sont terriblement impliqués dans la scène de la musique contemporaine à Montréal. Surveillez bien votre programme, ils jouent six fois encore jusqu’à lundi.
Programmation extérieure du FIJM: Chaussures pour tous les pieds
Plus de 2000 musiciens se produiront gratuitement entre le 28 juin et le 5 juillet dans le cadre, on l’aura deviné, de la 22e édition du Festival international de jazz de Montréal (FIJM). À vue d’œil, ou plutôt d’oreille, la programmation n’est ni pire ni meilleure que celles des années antérieures.
Il en est ainsi pour la simple et comptable raison que le nombre de musiciens invités est tel que tous les genres ou styles sont représentés. Il y aura donc toutes les familles rattachées au jazz, cette musique mal nommée, et toutes les familles adoptées ou, plus exactement, celles qui veulent s’y rattacher parce qu’elles ne veulent pas rester orphelines.
Après un premier coup d’œil à cette programmation très fournie, on a retenu d’emblée les présences de Rockin’ Dopsie Jr, l’un des derniers et fiers représentants de la musique zydeco que le défunt Clifton Chénier avait mise au monde. Dopsie se produira dans le cadre d’une série consacrée aux sonorités dont on peut entendre l’écho dans les bayous.
Dans la même série, on s’est arrêté sur le nom de Sonny Landreth. Guitariste maîtrisant à la perfection ce tuyau de poêle ou cylindre en verre que l’on glisse sur les cordes, Landreth avait laissé de très bons souvenirs après son dernier passage. À noterqu’il s’est fait connaître aux côtés de John Hiatt d’abord et de John Mayall ensuite.
À propos de Mayall, l’un de ses anciens guitaristes se produira dans le cadre de la série Blues. Il s’agit de Walter Trout. Ce virtuose occupera la scène le 7 juillet. Pour ce qui est du blues, il faut souligner que, contrairement aux années passées, le show de minuit se tiendra au Club Soda et non au Spectrum. De cette série, il n’y a pas grand-chose à retenir, si ce n’est la présence, le 1er juillet, de Frankie Lee. Pour le reste, c’est… bof
Les amateurs de jazz contemporain seront contents de mettre dans leur calepin le nom du Matt Darriau Paradox Trio. Le 30 juin, ce trio rassemblant des musiciens identifiés à la Knitting Factory de New York joueront dans le cadre de la série Contact, au demeurant très éclectique puisqu’on nous proposera des groupes versés dans le tango et d’autres dans le klezmer.
De ce premier coup d’œil, on a enfin retenu et salué la présence de l’Orkestre des Pas Perdus. Cette formation montréalaise fondée par l’excellent tromboniste Claude St-Jean n’a pas son pareil pour moderniser la fanfare. On aurait aimé, beaucoup aimé, que son autre groupe, soit Les Projectionnistes, soit de l’affiche. Ce que font St-Jean et ses musiciens est remarquable. En tout point remarquable. Il suffit d’ailleurs d’écouter leurs albums, parus sur étiquette Ambiances Magnétiques.
Bon… Mettons qu’au nombre d’instrumentistes invités, tout un chacun trouvera chaussure à son pied. Amen
