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Bernard Falaise

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    Charmes vénéneux

    Serge Truffaut, Le Devoir, 27 janvier 2001

    Mettons, et non supposons, que le trio formé de Normand Guilbeault à la contrebasse, Bernard Falaise à la guitare et Robert Marcel Lepage à la clarinette ait vu le jour en 1963, lorsque Jimmy Giuffre, qui joue de l’instrument dont joue Lepage, Steve Swallow, qui est propriétaire d’un engin dont Guilbeault est également propriétaire, et Falaise, qui pince des cordes là où Paul Bley intercalait les touches du grand piano, ont injecté une forte dose d’improvisation dans l’univers du jazz.

    L’album que propose la troïka Falaise-Lepage-Guilbeault est de la même eau que celui que signa, il y a 37 ans de cela, le triumvirat amené par Giuffre. Les six morceaux conçus par les Montréalais sont autant d’échos aux pièces composées par leurs aînés. Joue Free, titre de l’album qui vient de paraître sur Ambiances Magnétiques, est une exploration, pour reprendre l’expression imprimée au dos de la pochette, du «spleen particulier du jazz de chambre et du folk blues en hommage à son principal instigateur des années soixante, le clarinettiste américain Jimmy Giuffre».

    En hommage à l’œuvre de l’auteur du célèbre The Train And The River, Guilbeault et ses alter ego ont confectionné un album plein de ces charmes que l’on dit vénéneux parce que déstabilisants, troublants, exigeants. Joue Free a ceci de remarquable qu’il propose beaucoup de profondeurs, un amas de gouffres. Un album qui distribue constamment surprise après surprise.

    L’ensemble est d’autant plus réjouissant que les trois musiciens démontrent une maîtrise exemplaire de leur instrument respectif comme des subtilités propres à tout exercice d’improvisation. Si la musique de Lepage, Falaise et Guilbeault n’est pas de tout repos, si elle n’est pas une de ces musiques conçues à l’aune de la respectabilité, elle a ceci d’essentiel qu’elle favorise le regard droit devant.

    … les trois musiciens démontrent une maitrise exemplaire de leur instrument respectif comme des subtilités propres à tout exercice d’improvisation.

    Compact!

    Catherine Perrey, Ici Montréal, 12 octobre 2000

    Un premier disque solo pour un guitariste de choix et un réalisateur qui a eu la (bonne) touche avec Marie-Jo Thério et Jorane. Dans sa courte note sur la pochette, Falaise nous signale que tous les sons ont été produits avec des guitares électriques ou acoustiques et que la composition, l’interprétation, l’enregistrement, les traitements et le mixage lui sont entièrement redevables. Une notice ultra importante, pour un disque qui éclaire bien les qualités de compositeur et de guitariste de Falaise et qui reflète intensément ses passions bien digérées: entre un héritage teinté de Robert Fripp et des constructions franchement actuelles. 8/10

    … entre un héritage teinté de Robert Fripp et des constructions franchement actuelles.
    8/10
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