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Arrêter les machines dans SOCAN — Paroles & Musique

«Critique», Gilles Boisclair, SOCAN — Paroles & Musique, no 13:2, 1 mai 2006
lundi 1 mai 2006 Presse

André Duchesne, fondateur de groupes comme Conventum, fabrique depuis une trentaine d’années une œuvre qui se nourrit de la marge et d’une curiosité gourmande d’expérimentation. Arrêter les machines est comme un résumé de toutes ses expérences (rock, folklore, chanson et improvisation). Avec de vieux complices comme Jean Derome (flûtes, saxophones et voix) ou Pierre Tanguay (batterie), André Duchesne déroule devant nous des climats étranges et encorcelants qui nous rappellent combien sa vision musicale nous manquait.

André Duchesne déroule devant nous des climats étranges et encorcelants qui nous rappellent combien sa vision musicale nous manquait.

Arrêter les machines dans Le Devoir

«Critique», Sylvain Cormier, Le Devoir, 10 mars 2006
vendredi 10 mars 2006 Presse

Ne pas parler pour ne rien dire. Il aura fallu presque une vie à André Duchesne, l’as guitariste, le champion compositeur de musique actuelle, le vétéran de Conventum et Locomotive, le cofondateur du label Ambiances Magnétiques, pour qu’il juge nécessaire d’élever de nouveau la voix. Vingt-deux ans séparent ses deux seuls albums de chansons, mais Le Temps des bombes et Arrêtez les machines sont néanmoins frères de colère. Rien n’a changé en mieux, comprend-on: le nouvel album enfile les constats implacables comme on mène des veaux à l’abattoir. Qu’il s’agisse de l’état désespérant du monde (Bruits de guerre, Les petits souliers) ou d’observations plus locales (La machine à sous, Ville ouverte), c’est le même bourbier, décrit sans fard sur fond de musiques inquiètes et intenses. À travers ce paysage ravagé, Dieu merci, subsiste un peu d’espoir (Un bon matin), un peu d’humour (On est dans la merde) et un peu d’amour (Danser contre les ombres, manière Leonard Cohen). Oui, ce disque est d’un abord difficile, comme ceux de Desjardins, mais pareillement réconfortant. On y est moins seuls à désespérer.

Arrêter les machines dans Voir

«Critique», Réjean Beaucage, Voir, 9 mars 2006
jeudi 9 mars 2006 Presse

Le compositeur et guitariste André Duchesne lançait récemment son sixième disque (sans compter ceux parus sous d’autres noms, Locomotive et Les 4 Guitaristes de l’Apocalypso-bar, ou, dès 1977, Conventum). Il lançait simultanément un site Internet où il sera dorénavant possible de se procurer ses productions sans intermédiaire. S’il a déjà tâté de la chanson, et dès son tout premier disque solo, il y a eu un long passage instrumental avant ce retour au texte. Il dit ce dernier plus souvent qu’il ne le chante, et d’une voix qui «en a vu d’autres». Appuyé par Pierre Tanguay (batterie), Patrick Hamilton (basse) et un Jean Derome (flûte et sax) aussi omniprésent qu’indispensable, le guitariste se fait poète urbain et conteur intimiste.

Arrêter les machines dans La Presse

«Arrêter les machines, trouver l’essentiel», Alain Brunet, La Presse, 4 mars 2006
samedi 4 mars 2006 Presse

Longtemps après avoir été leader de Conventum (groupe alternatif parmi les plus allumés de nos années 70), après trois décennies émaillées d’albums en solo ou en formation (Les 4 Guitaristes de l’Apocalypso Bar, Locomotive), de musiques de films et de compositions «sérieuses», de passages à vide et de précarité matérielle, André Duchesne signe ici un disque magnifique dans ce qu’il fait de mieux: la chanson. Arrêter les machines évite le piège de la surcharge poétique, ce disque fait aussi valoir le talent du compositeur (après tout, il fut recruté pour la Symphonie du millénaire), sans que la complexité ne l’emporte sur la clarté — ce qui n’empêche pas les mesures composées, la complexité harmonique, l’atonalité passagère, la tenue impeccable de Jean Derome aux flûtes et saxes, de Pierre Tanguay à la batterie, de Patrick Hamilton à la basse. À 57 ans, Duchesne peut être fier d’avoir ainsi épuré son expression, trouvé l’essentiel au cœur de l’âme rock qu’il a toujours. Voilà un disque qui traite de la beauté jaillissant de l’adversité.

Duchesne peut être fier d’avoir ainsi épuré son expression, trouvé l’essentiel au coeur de l’âme rock qu’il a toujours.