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Billet

Chansons d’un jour dans Regards sur la ville

«Critique», Marie-Ève Belzile, Regards sur la ville, no 2:10-11, 27 octobre 2000
vendredi 27 octobre 2000 Presse

C’est la suite de Vous seriez un ange, 10 ans plus tard. La démarche de cette artiste ne peut être comparée en rien avec les tendances actuelles de la musique québécoise. Cette chanteuse signe, ici, les textes et la plupart des musiques. Tantôt sur fond de blues, de valse ou de tango, elle défile de sa voix claire parfois monocorde et saccadée ses dix nouvelles chansons dont les thèmes de l’amour de la contemplation et de l’étrangeté s’imposent. Ses textes révèlent le fait qu’elle est également écrivaine. Trois romans ont déjà été publiés dont Les Vertiges Molino en 1996. Ce disque déstabiiise. La voix et les textes prennent toute la place. La musique est murmurée. L’anglais et l’italien se mêlent au français dans une des chansons. Tout est une question de goût. Cet album ne lui ouvrira certainement pas la porte du succès populaire, cependant, il faut souligner le courage de cette artiste qui tente de s’imposer dans sa lignée bien à elle. Certains paroles réussissent tout de même à attirer l’attention comme dans la pièce Toutes ces larmes: «Toutes ces larmes qui n’ont pas été pleurées. Pour les territoires occupés. Les cités perverties. L’espoir craqué. Toutes ces larmes. Qui n’ont pas coulé. Dans la rougeur de l’aube. Dans la fureur du soir. Dans la maladie des arbres.»