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  • Le magasin de tissu dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 52, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Les deux dernières propositions de Jean Derome présentent quelques similitudes dans leur conception: des variations de textures sonores. Celles du premier sont conçues et tissées uniquement par leur concepteur: soixante-neuf messages sonores, de durée plus ou moins identiques 1’30” a 1’49” réalisés principalement à partir d’instruments acoustiques (trompette, saxophone, mégaphone, flûte, guimbarde, appeaux…) mais aussi de sons ou bruits divers captés (dialogues, eau versée, mobiles…) et regroupés en trois disques sources, servent de matériaux à un curieux patchwork. Chacun des vingt-et-un échantillons proposés dans le catalogue des textures combine une information issue de chacun des disques ressources. Le résultat est étonnant, parfois extrême, surtout dans leur alignement volontairement sans logique. Il ne s’agit que d’un catalogue, après tout.

    Live à la Casa, Musique de Thelonious Monk, Évidence, Ambiances Magnétiques dans AllMusic

    «Portrait: Évidence», François Couture, AllMusic, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Évidence is a jazz trio based in Montréal and solely devoted to the repertoire of Thelonious Monk. Its biggest particularity is its lack of a pianist. Led by Jean Derome on alto saxophone, the group gives highly personal renditions of Monk tunes, illustrating why jazz innovators quickly hailed him as major figure.

    Évidence started in 1985 but its roots extend as far back as 1973 when Derome and bassist Pierre Cartier included Monk pieces in the repertoire of their duo “Flûte et Basse.” The idea of a Monk-exclusive formation came from saxophonist Sylvain Leroux in 1982. The group included Cartier and Derome and was named “Mysterioso” (the title of one of the pianist’s tunes, of course). They played the Montréal Jazz Festival that year, before Leroux left to work in the United States. The two remaining members kept things alive and when drummer Pierre Tanguay settled in Montréal in 1985 he was immediately drafted and the unit rechristened Évidence. Other musicians have performed with the trio, including pianist Guillaume Dostaler, clarinetist Jean-Denis Levasseur and drummer Michel Ratté, but most of the time it performs and records as a trio.

    For many years, the group remained a hobby for the three musicians, an excuse to get together and revel in Monk’s music. Since each of their rare live appearances seemed to draw a big crowd and sympathetic reviews, they decided to record a studio album. Musique de Thelonious Monk came out in 1993 on the avant-garde music label Ambiances Magnétiques (which Derome co-founded in the early 1980s). It remains to this day one of its most listener-friendly titles. In 1999, Évidence embarked on a series of concerts meant to cover the repertoire in its entirety, but plans failed when the art space Casa Obscura had to close down. A couple of evenings had already taken place and the CD Live à la Casa became the group’s second offering in 2000.

    … the group gives highly personal renditions of Monk tunes, illustrating why jazz innovators quickly hailed him as major figure.

    Canot-camping, expédition 4 dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Lancements», Julie Tassé, SOCAN — Paroles & Musique, no 9:2, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    C’est sur 21 improvisations que Jean Derome nous entraîne pour une 4e expédition sur la rivière au courant actuel. Impossible d’oublier quoi que ce soit, grâce à l’œuvre Les préparatifs qui nous fait la liste des articles essentiels à une telle expédition. Les canoteurs sont entre autres Joane Hétu, Normand Guilbeault et Diane Labrosse. Jean Derome dirige de main de maître cette aventure musicale des plus originale, au menu plein d’humour (ex. Bébittes, Partie de dominos, Popotte-vaisselle 2).

    Un sperme qui meurt, de froid, en agitant faiblement la petite queue, dans les draps d’un gamin, Christof Migone, Alexandre St-Onge, Undo dans Revue & Corrigée

    «Critique», Fabrice Eglin, Revue & Corrigée, no 52, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Brouillard contre transparence, puissance de la perturbation. Aujourdhui cinéma partout. Ça donne l’idée de ce qui se déroule, progrès dans la vulgarité et coquetteries de bizut pour prime. Les expressions (sonores, visuelles…) qui réalisent la mode refusent tout questionnement de la représentation: une volonté de transparence pour ideologie métaphysique. Haine du désir, technicité, ardeur répressive… Porno? “[…] s’interroger […] sur la frontiere du visible et de l’invisible, sur l’ambition du cinéma de donner à voir l’invisible, le mystère même des êtres par les moyens du visible” écrivent Jacques Joubert et Dominique Renard dans Une partie de campagne (Éd. Belin). Mehdi Belhaj Kacem d’ajouter (revue Lignes n°36): “Le porno se veut d’ailleurs heuristique et pédoyagique: il veut prévenir les corps et les formes (les “décoincer”, etc.) leur dire que leurs gestes les précedent comme une ombre, et que tous ceux qu’ils pourront faire ne seront que re-production de ce que le porno montre avec une synchronie parfaite […]”

    Transparence toujours, durant ces conversations apparemment sans mobile et sans fil où le lexique trahit: “J’assume” remplaçant “Je m’en fous”, équivalence délicate du “Je gère quelque part” (“Je me rembourse” / “Je meurs en bourse”?); l’optimisme professionnel et agressif, boudeur des torsions sémantiques, la langue chargée; le cynisme à court terme. Il se conchie lui-même, entre l’Être et l’étron. Mais cette haine est aussi portée à l’autre, si l’autre a pris le pouvoir du miroir inversant et renversant (1). Ça thésaurise et l’envie de plus-value s’exhibe. Naturisme sentimental, tautologie du vide de la transparence. Et pourtant ce matin, c’est un peu de printemps et sa musique.

    Un CD. Pas un de plus, réalité compactée, ça d’autres s’en chargent et ça plait, régressif et narcissique. On peut tenter d’en rire, leurs dérapages font lois… Mais ici, c’est autre chose. Et les problèmes du sens s’inaugurent avec l’objet. Aucune information. L’enigme proposée exige qu’on l’écoute et la pense, comme on gagne du terrain sur l’ignorance de l’Autre; en permanence l’inachevé. Et pas de lot de consolation, la teneur ne remplit pas l’espace affecté à la representation mais la déchire et l’ouvre d’une consistance singulière; capable d’aspirer le présent, d’instituer une séparation. Ça ne nous isole ni ne nous désigne. Lieu limite. Où l’on reçoit le concret comme métaphore frontale: dérobé (mis à nu), ouvert, à l’improviste; le sens libéré dans sa puissance. Brises, bribes et debris. Et là où tout n’est qu’énigme ça sérotise… ça colle au réel… Temps suspendu. Limites. Des lois, du langage, de soi (“Le sortir de soi” d’Artaud). Profanation, coupure: mise en brêche du temps et de son orientation marchande, un glissement de l’expression quotidienne (l’ordinaire), tout ce qui ne s’aligne pas et que l’on rencontre sans savoir. L’invisibilité dans sa souveraine incandescence. Rien n’est stable: éclatements d’existence, sculptures mobiles en vrilles puissantes d’imbrications — faille concrète l’intérieur rejoint l’extérieur — hologrammes fugitifs. On cède à cette force, seule capable d’offrir les champs sauvages de l’expérience. Déraison et inutilité capitales. Aux bénefices du doute l’à-faire est entendu, l’action s’oppose à la vision (ça granule, ça grésille, ça caresse, ça râpe, ça coupe: ça jouit (2))…

    Contemplation. Italiques points de suspension, dans cette monotonie lumineuse surgissent heurts et séismes scintillants, présence diaphane de la multiplicité des matières à embras(s)er, des obstacles à féconder. Apparitions / Disparitions. Passage instable dissolution, labyrinthe monstrueux et l’âpreté en filigranes, le secret pour crime. Stratégique? Il y a là comme un au-delà de la dialectique, sans propriétaire, peut-être rien; quelque chose derrière la pensée… Ça intrigue, ça joue des moments de flottements — l’écoute s’éloigne mais ne lâche pas le corps, ruptures et conflits d’espace privent la fixation (fabriquer une image, se rassurer) et obligent à construire autrement. Une autre idée du déroulement, une logique esthétique (éthique) où les matières sont élements constitutifs de l’exposé. Et propres à faire advenir le silence. Sa révolution paradoxale. Plus tard l’engramme persiste présent fragile, la fin pour suite… ailleurs Légendes des trésors cachés? Fraîcheur et lucidité se marient sans frasques dans l’irrespect du confort — l’intimité dans l’intimité — incitent au theâtre d’un lien baroque; l’altérité évanescente dans son insistance même. Étrange charme d’une phénoménologie précieuse, comme le sucre se dissout dans l’eau. Sans laisser de traces visibles.

    Acuité au centre des possibles, des souvenirs et des fantasmes qui, tour à tour, s’incarnent et se mélangent. La part maintenue entre rêve et mémoire, ce plaisir corrosif que distille l’insolence poétique; cette rivalité amoureuse de l’artiste sur le philosophe. À la propagande de la transparence s’oppose une poétique de la dissimulation, de l’écart. Poésie ou fumisterie récréative? D’un péril l’Autre (précarité de l’opinion), beauté polémique. Dès que le soupçon s’installe et gagne du terrain, tout disparaît. Pas de schématisation necessaire à une pédagogie trouble, pas plus l’ineffable (réflexe propriétaire et retour de la présence sacralisée). Simplement ce transport. Expérience de vie que celle de rendre sensible à chaque instant la dramaturgie de toute beauté, cette étrange sensation des matières non revendiquées — l’absence de signature — contre la forme, processus allusif et clandestin qui parasite les mécanismes explicatifs du tout rationnel sociologisant (calculs et taxinomies), déchire les ensembles représentatifs et re-lance le jeu réflexif. Engagé dans l’exploration du mystère partageable, cet acte s’inscrit dans la dépense, potlatch dont l’auteur est moins le maître que la houle porteuse. Espace en questions, il ne s’agit pas ici de spéculer sur le contenu mais de ce qui s’y décale: sa projection. Expérience fuyante, l’exprimer avec justesse nous échappe. L’agrément de la nuit traversée jusqu’à l’aube, quelles sont ces heures?

    (1) Francois Pemer, L’amour, Séminaire 1970-71, coll. Pluriel, Hachette Littératures.

    (2) Roland Barthes, Le plaisir du texte, Le Seuil, 1973.

    … dans cette monotonie lumineuse surgissent heurts et séismes scintillants, présence diaphane de la multiplicité des matières à embras(s)er…

    Pierre Tanguay, Ambiances Magnétiques dans AllMusic

    «Portrait: Pierre Tanguay», François Couture, AllMusic, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    If we could give a prize to the most valuable Ambiances Magnétiques sideman (or woman), it would go to drummer Pierre Tanguay. Even though he is not one of the nine core members of the collective, he appears on more albums put out by its label than any one of them! But his career cannot be pinned down to the Montréal avant-garde scene. He has also been a valued sideman on the jazz scene, playing with Eric Longsworth, Jean Vanasse, Karen Young and a dozen of others, and is active in world music, especially with his Mediterranean folk group Strada. In Montréal he occupies a place comparable to Hamid Drake in New York.

    Tanguay was born in Quebec City, 1957. He began as a jazz drummer, finding inspiration in the playing of Billy Higgins, Ed Blackwell and Paul Motian. A professional musician since 1978, he also studied African percussion for two years in the Comores Islands and went to Paris to study tablas and Indian music with Anand Kumar. When he settled in Montréal in the late ’70s, he was already an accomplished player. One of the first musicians he hooked up with was saxophonist Jean Derome who would later co-found Ambiances Magnétiques. Tanguay has been his trusty partner for decades, first in the scrapyard ensemble Les Patenteux du Québec and later in Jean Derome et les Dangereux Zhoms and Derome Tanguay Danse.

    Still, at first Tanguay let the Ambiances Magnétiques musicians pursue their experimentations, preferring to ride a softer avant-garde jazz wave. In the ’80s he was part of Icarus with cellist Eric Longsworth and participated in bassist Pierre Cartier’s ensembles. His relentless working schedule and rare listening quality and musicianship established him as a leading session drummer. With Cartier and Derome he formed the Thelonious Monk tribute trio Évidence and by the mid-’90s he was involved in all major projects by Derome, René Lussier, Robert Marcel Lepage, Joane Hétu and Diane Labrosse. With the Dangereux Zhoms et toured Europe and the US, appearing at every major jazz festival.

    Tanguay prefers the role of sideman, but he has occasionally stepped to the front of the stage, particularly in free improv duets with trombonist Tom Walsh (the album Midi Tapant came out in 1998) and Derome (Pinc! Plonc! in 2001). In 2000 he released a first solo album, La musique de mon disque, a collection of experimental ambient percussion pieces. Around the same time he also began to write and perform music for film, theatre and dance.

    If we could give a prize to the most valuable Ambiances Magnétiques sideman (or woman), it would go to drummer Pierre Tanguay.

    Diane Labrosse, Ambiances Magnétiques dans AllMusic

    «Portrait: Diane Labrosse», François Couture, AllMusic, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Keyboardist and sampler artist Diane Labrosse is a core member of the Montréal avant-garde music collective Ambiances Magnétiques. In the 1980s she took part to a string of avant-pop feminist groups. Later she switched from keyboards to the sampler and from rock to electronica improv. Although she has released solo albums, her best known works have been with collaborators Ikue Mori and Martin Tétreault. She also appears on numerous albums by other Ambiances Magnétiques artists, especially Jean Derome, Joane Hétu and Michel F Côté. She is co-founder and artistic co-director of the Montréal-based concert production company Productions SuperMémé.

    Labrosse was gravitating around L’Enfant Fort and the Pouêt Pouêt Band, collectives of left-field musicians that predate the beginnings of Ambiances Magnétiques. There she met saxophonist/singer Joane Hétu and drummer Danielle Palardy Roger. Together they formed the all-girls group Wondeur Brass. Her quirky keyboard playing which made use of unusual “post new-wave” sounds gave the band its signature on the two LPs Ravir (1985) and Simoneda, Reine des Esclaves (1988). The trio also performed under the name Les Poules, recording one album in 1986 (the unit was revived as an improv project in the early 2000s) and with bassist Marie Trudeau as Justine in the early 1990s, Labrosse’s closest brush with fame, at least in Eastern Europe where the group built a cult following.

    In 1985, along with her colleagues she was asked to join Ambiances Magnétiques. There she developed a special affinity with drummer Michel F Côté both in and outside music. She contributed to his first two Bruire albums (especially Les Fleurs de Léo), recorded a duo CD with him (Duo Déconstructiviste) and together they wrote the music for Robert Lepage’s play La Géométrie des Miracles (Geometry of Miracles) and toured with his technological cabaret Zulu Time.

    Labrosse released her first solo CD Face cachée des choses in 1995, at the end of Justine’s career and before joining Hétu’s new group Castor et Compagnie. It focused for the first time on the sampler as an instrument, a soft-noise direction she would stick to from then on. Île Bizarre (1998) with Ikue Mori and Martin Tétreault revealed her work to an international audience. With Tétreault she toured Europe and eventually released the duo CD Parasites (2001).

    Keyboardist and sampler artist Diane Labrosse is a core member of the Montréal avant-garde music collective Ambiances Magnétiques.
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