Dans les années 70, avant de devenir la musicienne qu’on connaît, Joane Hétu était tisserande. Une autre vie, qu’elle a longtemps reniée. Dans une période de doute et de désenchantement par rapport aux exigences d’une carrière en musique de création, elle a avancé l’hypothèse un peu farfelue d’un retour au métier de tisserand. Ainsi est née Filature, une œuvre pour dix musiciens et deux danseurs truffée d’images vidéo et d’éclairages.
Joane Hétu évolue sur la scène canadienne des musiques actuelles depuis 25 ans. D’abord versée dans le rock déjanté des formations Wonder Brass, Justine et du trio Les Poules, elle s’est tournée vers un travail de composition plus abstrait, alliant textures sonores, texte et voix. Membre d’Ambiances magnétiques et présidente de la maison de disques DAME, elle a toujours aimé faire interagir différentes disciplines. La compagnie de concerts Productions SuperMusique, qu’elle codirige avec Danielle Palardy Roger et Diane Labrosse, a notamment conçu en 2002 la superbe fresque multimédia Each… and Every Inch, sur la vie et l’œuvre de l’écrivaine canadienne Elisabeth Smart. Pour ses 25 ans, SuperMusique a décidé d’accorder une part importante de son budget à la création d’une production plus importante. C’est au tour de Joane Hétu de piloter la sienne…
L’esprit du tissage a ainsi déterminé la structure de Filature. Le premier acte ne met en scène que les créateurs-interprètes masculins — Guido Del Fabbro, Jean Derome, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Nemo Venba et le danseur Daniel Soulières
La vie est ainsi faite de hauts et de bas qui se nourrissent mutuellement. Quand le fantasme d’abandonner la musique a effleuré son esprit, Joane Hétu y a puisé l’essence même du plus imposant projet de sa carrière.
